Naguère, El Jadida, jouissait encore d’un charme singulier, un patrimoine et des promesses d’avenir qui nourrissaient de grandes ambitions. Cette ville côtière au passé prestigieux, capitale des Doukkala et riche de multiples atouts économiques, touristiques et culturels, semblait promise à un destin à la hauteur de son histoire. Mais aujourd’hui, le regard porté sur son évolution laisse place à une certaine nostalgie, mais aussi à des interrogations sur le chemin parcouru et celui qui reste à accomplir.
À l’heure où plusieurs villes marocaines connaissent une transformation urbaine remarquable, El Jadida semble encore chercher le souffle nécessaire pour valoriser pleinement son potentiel. L’état des infrastructures, l’aménagement des quartiers, la qualité des espaces publics et le rythme d’avancement des projets locaux alimentent les préoccupations et ravivent les attentes d’une population qui aspire, tout simplement, à vivre dans une ville propre, accueillante et bien équipée.
Au-delà des comparaisons, c’est surtout la question de la gouvernance locale qui se pose :
- Les engagements pris se traduisent-ils suffisamment en réalisations concrètes ?
- Où en sont les projets annoncés?
- Quels sont les retards éventuels?
- Quelles réponses sont apportées aux priorités quotidiennes des habitants ?
Sans faire porter au seul conseil communal la responsabilité de toutes les insuffisances, la multiplicité des intervenants ne saurait justifier l’absence de coordination, de visibilité ou de résultats. La population est en droit de connaître le bilan des actions engagées, l’état d’avancement des chantiers et l’utilisation des ressources publiques.
El Jadida n’a pourtant pas perdu ses atouts. Elle conserve ce patrimoine, cette position stratégique et cette identité qui ont longtemps fait sa singularité. Ce qui lui manque peut-être davantage aujourd’hui, c’est une vision cohérente, une volonté collective et un véritable élan pour transformer ses potentialités en progrès tangible.
Car une ville ne vit pas uniquement de son passé, aussi glorieux soit-il, ni de promesses sans lendemain. Elle se construit par des projets aboutis, des choix assumés et une gestion à la hauteur des attentes de ses habitants.
Il serait regrettable que la nostalgie d’une El Jadida plus attachante finisse par devenir le seul refuge de ceux qui l’aiment. La ville mérite mieux que des souvenirs : elle mérite un avenir. Et cet avenir commence par la transparence, l’évaluation des responsabilités, l’accélération des projets et une ambition renouvelée pour lui rendre le rayonnement qu’elle n’aurait jamais dû perdre.
Abdellah Hanbali
