La cité portugaise et l’emploi des jeunes selon le projet Jmahri-Derif

Par Alain Grunberg
Ancien chargé de cours à l’université de Tours

J’ai lu avec un grand intérêt l’étude conjointe de Mustapha Jmahri et Jilali Derif intitulée « Projet de valorisation des vestiges non exploités dans la cité portugaise d’El Jadida», publiée sur le site quid.ma et El Jadida Scoop le samedi 11 septembre 2026. Ce projet ambitieux, proposé pour le bénéfice des jeunes, est grandement positif car le patrimoine ici ne reste pas à l’état de vestiges inertes, mais devient un vecteur de culture, d’échanges et d’économie.
Cette étude nous apprend aussi une chose importante : c’est que ce qu’on connait, depuis l’indépendance jusqu’à nos jours, de la forteresse portugaise est insignifiant par rapport aux trésors cachés. Les deux chercheurs nous montrent dans leur étude que presque tous les bastions sont toujours fermés au public et non exploités. Dans certains reportages de la télévision, la caméra nous montre le haut des remparts avec vue sur le port, mais jamais ce qui est enfoui dans les souterrains et les sous-sols.
L’article est fort complet sur la dynamique, en passe de se mettre en route, concernant le double volet patrimonial et d’accessibilité touristique de la citadelle de Mazagan. Si on souhaite entrer dans le concret de ce beau projet, il me semble qu’une maquette de ladite citadelle devrait être réalisée sur le modèle des plans-reliefs exposés aux Invalides, à Paris, concernant les citadelles françaises du XVIIe siècle. C’est la vision d’ensemble de ce patrimoine qui permettrait en effet au grand public d’appréhender ce que pouvait être un comptoir européen sur la côte atlantique marocaine, durant la période de son fonctionnement.
De même, des films de synthèse peuvent, à condition d’avoir suffisamment de sources, permettre de reconstituer l’ensemble du complexe aux différentes périodes de son existence comme comptoir commercial et bastion militaire. Dassault Systèmes, si ma mémoire est bonne, l’a réalisé il me semble pour le projet de ville idéale imaginé à Romorantin au XVIe siècle, qui n’a jamais vu le jour, ainsi que pour le château de Richelieu, qui fut quasi totalement démonté pour en récupérer les différents éléments.
Enfin, l’article pointe de manière discrète et judicieuse l’aspect financier via le potentiel de ressources touristiques directes comme indirectes (objets de souvenirs, restaurants, offre de services culturels etc.). Comme la France, le Maroc a en effet intérêt à pérenniser et renforcer son potentiel en ce domaine.
Bravo à Jilali Derif et Mustapha Jmahri pour ce projet, qui, je l’espère, trouvera une oreille attentive de la part des partenaires concernés.

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