Absence d’études archéologiques du système hydraulique de Mazagan


Par Mustapha JMAHRI
Il y a maintenant plus de huit ans que le chercheur Jilali Derif a publié, le 1er juillet 2018 sur son blog personnel « Histoire de Mazagan à travers son patrimoine », une étude intitulée : « La stratégie de l’eau des Portugais à Mazagan : approvisionnement en eau potable, systèmes de stockage et de distribution dans la ville ».
Dans ce texte, l’auteur démontre comment les ingénieurs portugais du XVIe siècle ont résolu le problème de la salinité de l’eau locale en concevant un réseau hydraulique hors des murs de la forteresse. En s’appuyant sur des documents anciens et sur les préceptes antiques de l’architecte romain Vitruve, il détaille le parcours de l’eau, depuis son captage dans un puits extérieur jusqu’à sa distribution dans les habitations et son stockage stratégique dans la célèbre citerne gothique.
L’auteur présente son propre travail comme une analyse à la fois théorique et de terrain, mais précise qu’il reste en attente de confirmations fondées sur les recherches d’archéologues spécialistes. Tout ce qui circule actuellement sur ce sujet, dit-il, se limite aux observations et hypothèses de Joseph Goulven, ou aux confirmations de l’historien français Pierre Lavedan.
Jilali Derif constate un vide scientifique entourant cette thématique, affirmant qu’aucune étude archéologique, qu’elle soit complète ou partielle, n’existe à ce jour sur le système d’approvisionnement en eau potable de Mazagan. Il déplore également que des vestiges importants découverts par des ouvriers au début du XXIe siècle – notamment un puits et le départ d’un aqueduc en pierres de taille – aient été rapidement rebouchés sans avoir fait l’objet d’une protection ou d’une analyse patrimoniale approfondie.
En conclusion, l’auteur a invité les archéologues à entreprendre des recherches sur le terrain afin de valider ses théories et de révéler les secrets enfouis de la forteresse. Cependant, huit ans plus tard, aucune initiative n’a encore été menée par les entités concernées, qu’elles soient locales ou nationales. Face à cette carence, il conviendrait d’examiner la possibilité d’en confier l’étude à un groupe d’étudiants de l’INSAP (Institut National des Sciences de l’Archéologie et du Patrimoine) dans le cadre de leurs sujets de mémoire de fin d’études. Une suggestion qui mérite d’être explorée afin de surmonter l’inertie actuelle.
Mustapha JMAHRI

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