Un mur escaladé, un attentat à la pudeur, une plainte retirée, une peine allégée

Il aura suffi d’un désistement pour changer le destin judiciaire d’une affaire qui, au départ, portait le poids d’accusations particulièrement graves.

À El Jadida, la chambre des délits flagrants du tribunal de première instance a condamné un trentenaire à six mois de prison avec sursis pour violation de domicile par escalade, introduction illégale dans une habitation et attentat à la pudeur sans violence. Une décision rendue après que la plaignante, une jeune femme en situation de handicap, a annoncé devant le tribunal qu’elle renonçait à poursuivre le prévenu.

Derrière le froid langage du droit, demeure une scène qui interroge. Celle d’un homme reconnaissant avoir escaladé le mur d’une maison et s’y être introduit en l’absence des occupants. Celle d’une plainte dénonçant des gestes attentatoires à la pudeur. Puis, quelques semaines plus tard, celle d’un retrait de plainte venu bouleverser l’issue du procès.

L’affaire trouve son origine dans une dénonciation déposée auprès de la Gendarmerie royale d’Ouled Ghanem par la jeune femme et sa grand-mère. Selon leurs déclarations, le prévenu aurait profité de l’absence de la famille pour pénétrer dans le domicile après en avoir escaladé le mur. La plaignante l’accusait alors d’avoir commis des actes attentatoires à sa pudeur avant que l’arrivée inopinée de sa grand-mère ne mette fin à la scène.

Au fil de l’enquête, le suspect a reconnu connaître la plaignante par l’intermédiaire des réseaux sociaux et a admis être entré dans la maison après avoir franchi le mur. En revanche, il a constamment nié toute agression sexuelle, qualifiant les accusations portées contre lui d’infondées.

Placée sous l’autorité du parquet, l’enquête s’est poursuivie par une garde à vue, des auditions et une confrontation directe entre les deux protagonistes, chacun restant fidèle à sa version des faits. Le dossier a ensuite été transmis à la justice.

À l’audience, les magistrats ont également relevé que la plaignante, née en 2007, était majeure au moment des faits, contrairement à certaines mentions figurant dans les premiers actes de procédure. Puis est venu ce moment décisif : devant la juridiction, la jeune femme a officiellement retiré sa plainte.

Le tribunal a retenu ce nouvel élément parmi les circonstances de l’affaire avant de prononcer une peine de six mois d’emprisonnement avec sursis.

Une décision qui referme judiciairement le dossier. Mais derrière les attendus du jugement demeure une réalité troublante : lorsqu’une affaire aussi sensible s’achève sur un désistement, les interrogations, elles, continuent souvent de franchir les murs que la justice a fini par refermer.
Abdellah Hanbali

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