Quand Abdelaziz Ghouibi et moi avons interviewé Ashraf Pahlavi


Par Mustapha JMAHRI

En 1975, alors que j’étais jeune journaliste à la Radio-Télévision Marocaine (RTM) affecté à la station de Aïn Chock, le directeur de l’antenne, Mohammed Majdouli, chargé d’organiser le travail des reporters, me donna l’ordre d’aller couvrir l’arrivée d’une grande personnalité en escale à l’aéroport international Mohammed V de Casablanca. C’était pour notre équipe de reportage une mission courante, nous nous rendions deux à trois fois par semaine à l’aéroport pour ce genre d’activités. Cette tâche, je la partageais en alternance avec mes deux confrères et aînés, Abderrahmane Majd et Miloudi El-Azdi.
Ce jour-là, la personnalité concernée n’était autre que la princesse Ashraf Pahlavi (1919 – 2016), sœur jumelle du Chah d’Iran, alors en escale vers l’Europe. Au salon d’honneur de l’aéroport, elle fut officiellement reçue par Moulay Mustapha Belarbi Alaoui (1923 – 2007), qui occupait à cette époque les fonctions de gouverneur de la préfecture de Casablanca, avant de devenir plus tard ministre de la Justice.
Arrivant sur les lieux, je me dirigeai vers le salon d’honneur de l’aéroport, espace réservé à l’accueil des personnalités et aux points de presse. J’y trouvais sur place mon collègue de la MAP, Abdelaziz Ghouibi (décédé samedi 4 mai 2024), qui deviendra plus tard Grand reporter à L’Économiste. Ghouibi n’était pas seulement un collègue de métier, mais un ami proche depuis notre première année en sciences politiques à l’ancienne annexe de la faculté de droit à Casablanca – place Mirabeau, bien avant la création de l’Université Hassan II.
Au-delà du protocole, c’est accroupis tous les deux, stylo et bloc-notes à la main, que nous travaillions à même le sol pour consigner ses paroles en français. Cette photographie immortalise cet instant des années 1970, celle du journalisme à l’état brut. C’est le souvenir d’un passé qui paraît aujourd’hui très lointain, tant les changements survenus ont bouleversé le monde à tous les niveaux.
La princesse Ashraf, figure influente de la dynastie Pahlavi et diplomate, présidait justement en cette année 1975 le comité consultatif de la Conférence mondiale sur les femmes des Nations-unies. Francophile et parfaitement francophone, elle s’exprimait couramment en français lors de ses trajets long-courriers entre Téhéran, New York et ses résidences européennes.
Mustapha Jmahri
Légende photo, de gauche à droite : Ashraf Pahlavi, Abdelaziz Ghouibi, Mustapha Jmahri et Moulay Mustapha Belarbi Alaou (1975).

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