C’est grâce à mes écrits sur El Jadida que j’ai fait la connaissance du jeune Matteo Pavone, collaborateur parlementaire. Il est issu d’une famille mazaganaise établie dans notre ville depuis le XIXe siècle.
En effet, Matteo Pavone est l’arrière-petit-fils de Milagros Reyna, dite « Lili », celle-ci, aujourd’hui âgée de 95 ans, avait contribué à mes recherches, il y a quelques années, en m’envoyant un manuscrit précieux sur la famille espagnole Reyna, dont plusieurs membres reposent au cimetière d’El Jadida. Ce document a été publié dans mon ouvrage « Chroniques secrètes sur Mazagan (2010) », avant que je ne le dépose aux Archives du Maroc, à Rabat.
Nos échanges, nés de cette passion commune pour la mémoire d’El Jadida, ont trouvé leur prolongement naturel lors de mon passage à Paris fin avril 2026. J’ai eu le plaisir de rencontrer Matteo pour approfondir ensemble le récit de cette histoire cosmopolite, dont sa propre famille fut l’une des figures actives. C’est dans ces moments de partage que l’on réalise que l’écriture accomplit de véritables miracles : elle ne se contente pas de fixer le passé sur le papier, elle bâtit des ponts entre le passé et le présent, entre les générations et les rives.
La famille Reyna a quitté le Maroc en 1961, à l’exception de Manuel Reyna (le père de Milagros) qui est parti après, et de sa fille Catherine. Cette dernière était restée au Maroc pour exercer comme jeune médecin à l’hôpital de Rabat, après avoir épousé un confrère marocain. Elle décéda prématurément d’une méningite contractée à l’hôpital ; j’ai retracé son destin dans mon livre « El Jadida, traces de pas sur la plage (2024) ».
Lors de leur passage à El Jadida en 2025, Matteo et son grand-père ont parcouru leur ancien quartier de la place Moulay Hassan et l’avenue Hassan II. Cependant, ils n’ont pu localiser avec précision l’emplacement du magasin de vente et réparation de radios de Manuel Reyna, la numérotation et les façades ayant changé au fil du temps. Les visiteurs se sont également recueillis avec beaucoup d’émotion au cimetière européen de la ville, qui recueille la sépulture de leurs aïeuls.
Jmahrim()yahoo.fr
Légende photo : Mustapha Jmahri et Matteo Pavone à Paris
Chronique de Mustapha Jmahri : Matteo Pavone, un héritier de Mazagan au cœur de Paris
