Chaque jour, près de McDonald’s, un petit garçon erre avec une rose à la main. Une rose presque plus grande que son enfance. Du matin jusqu’au soir, il avance entre les tables et les passants, le regard chargé d’une fatigue qui ne devrait jamais habiter les yeux d’un enfant.
Sa mission est simple et pourtant terriblement triste : tenter d’émouvoir, attendrir, toucher les cœurs pour récolter quelques pièces. À son âge, il devrait courir après un ballon, poursuivre des rêves, collectionner des souvenirs. Au lieu de cela, il apprend déjà les chemins de la mendicité et l’indifférence des adultes pressés.
Qui l’a placé là ? Qui a décidé que son enfance pouvait se consumer sur le trottoir, sous le soleil, dans l’attente d’un geste de compassion ? Qu’il s’agisse de ses parents ou d’autres personnes, une telle situation interroge et bouleverse. Car derrière cette rose qu’il tend timidement se cache peut-être une enfance sacrifiée, une détresse silencieuse que beaucoup croisent sans la voir.
Les autorités ne peuvent rester indifférentes à ces scènes qui se répètent jour après jour. Chaque enfant vivant dans de telles conditions mérite une enquête sérieuse, une protection réelle et, lorsque cela s’avère nécessaire, une prise en charge par des structures spécialisées capables de lui offrir sécurité, éducation et dignité.
Car aucun enfant ne devrait grandir sur un trottoir. Aucun enfant ne devrait apprendre à mendier avant d’apprendre à rêver.
Et lorsque le soir tombe et que les lumières de la ville s’allument, il reste cette image déchirante : celle d’une petite silhouette tenant une rose fanée, comme si elle essayait, à elle seule, de rappeler à un monde devenu trop pressé qu’une enfance abandonnée est toujours une blessure infligée à toute la société.
Abdellah Hanbali

