La récente visite de terrain effectuée mardi 10 février par le gouverneur de la province d’El Jadida, M. Sidi Saleh Dahha, au nouveau marché de gros des fruits et légumes de Moulay Abdallah, soulève plus de questions qu’elle n’apporte de réponses. Car ce projet, présenté aujourd’hui comme nécessitant encore des travaux avant une éventuelle inauguration, traîne derrière lui un lourd passif fait d’annonces prématurées et de promesses non tenues.
Il y a un peu moins de quatre ans, ce même marché avait pourtant été présenté comme fin prêt lors d’une visite officielle de Mohammed El Guerrouj, alors gouverneur d’El Jadida, en présence de Mohammed Seddiki, ancien ministre de l’Agriculture. À l’époque, le discours se voulait rassurant : l’infrastructure était annoncée opérationnelle et son inauguration programmée pour « quelques semaines plus tard ».
Or, près d’un lustre après cette visite ministérielle, le constat est pour le moins déroutant. Lors de la sortie actuelle du gouverneur Sidi Saleh Dahha, il apparaît que le marché nécessite encore des travaux complémentaires avant son ouverture. Une situation qui ne peut que susciter la stupeur, voire l’exaspération, d’autant plus que ce projet est engagé depuis plus d’une décennie… sans jamais aboutir.
Le marché de gros n’est d’ailleurs pas un cas isolé. La gare routière, annoncée comme achevée mais toujours fermée, la corniche, la citerne portugaise, et bien d’autres projets structurants, illustrent la même pathologie : des chantiers lancés en grande pompe, puis abandonnés à l’inertie administrative au moindre obstacle.
Dès lors, une question s’impose : à quoi servent ces gouverneurs qui se succèdent à la tête de la province, si aucun ne parvient à faire preuve de la volonté, du doigté et de la fermeté nécessaires pour sortir ces projets de l’impasse ?
Aujourd’hui, les citoyens ne réclament plus de nouvelles annonces ni de nouvelles inaugurations symboliques. Leur exigence est simple et légitime : cesser d’entamer de grands projets sans études complètes, sans vision claire et sans mécanismes contraignants de suivi. On ne pilote pas des infrastructures structurantes à vue, et l’on ne peut continuer à laisser des chantiers à l’abandon au premier accroc venu.
À El Jadida, le temps n’est plus aux visites officielles, mais aux décisions fermes et aux réalisations effectives.
Abdellah Hanbali
