Ma réaction à l’enquête du chercheur Mustapha Jmahri sur Sidi El-Ayachi

Lucette Heller-Goldenberg
Professeure émérite à l’Université de Cologne

J’ai lu avec grand intérêt l’enquête documentée menée par le chercheur infatigable Mustapha Jmahri intitulée « Le dernier témoin du camp de Sidi El-Ayachi » publiée sur le site d’information marocain Quid.ma, en date du 16 juin 2026. À mon avis, rien ne semble impossible pour ce chercheur chevronné et reconnu tant par le grand public que par ses pairs marocains et étrangers.
Au terme d’un long travail d’investigation, Mustapha Jmahri a réussi à retrouver aux États-Unis le tout dernier témoin en vie ayant un lien direct avec ce lieu de détention de Vichy au Maroc, appelé Sidi El-Ayachi.
C’est un travail particulièrement intéressant. Le Maroc a été moins touché par les lois antijuives de Vichy et a connu moins de déportations et d’enferment que la Tunisie ou l’Algérie. Cela s’explique sans doute par son statut de protectorat, mais aussi grâce à l’action du roi Mohammed V, qui a fait tout ce qui était en son pouvoir pour résister aux lois antisémites qu’on tentait de lui imposer. Son rôle a été majeur, surtout après 1942, et cela est essentiel.
C’est assurément parce que nous étions au Maroc que nous avons survécu. En effet, ma grand-mère à Paris, ainsi que la fiancée de mon oncle – résistante en Angleterre liée à un réseau en France -, n’ont pas survécu au régime de Vichy, collaborateur du nazisme.
Mustapha Jmahri, chercheur indépendant et bénévole, a également retrouvé en 2024, à El Jadida, la tombe du marin norvégien Lars Larsen, lui aussi interné dans ce même camp. Ainsi, par ce travail de recherche mené depuis 33 ans, cet historien utilise El Jadida et les Doukkala comme un formidable moyen de faire connaître son pays et sa région. Bravo !
Lucette Heller-Goldenberg

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