Azzeddine Amanallah, le n°10 qui faisait vibrer le stade Al Abdi

À chaque génération, le débat revient, presque rituel. Les supporters du Difaâ ont toujours eu leurs idoles, leurs préférences, leurs souvenirs chevillés au cœur. Pour les uns, feu Abderrahmane Garchani, dit Chicha, demeure l’incarnation ultime du numéro 10. Pour d’autres, Azzeddine Amanallah ou Réda Riahi symbolisent le génie du jeu et l’élégance balle au pied.
Pour avoir vu évoluer les trois sur la pelouse du stade El Abdi, mon choix, lui, ne souffre d’aucune hésitation : Azzeddine Amanallah.
Fin technicien, visionnaire du jeu, Amanallah possédait ce don rare de renverser à lui seul le cours d’un match. Une passe lumineuse, un contrôle orienté venu d’ailleurs, un geste juste au moment précis : le football prenait soudain une autre dimension. À El Abdi, chaque ballon touché était une promesse, chaque accélération faisait se lever les gradins.
Preuve de son aura, l’année où l’Olympique de Marseille allait décrocher la Coupe d’Europe, feu Bernard Tapie songea sérieusement à le recruter. Séduit par son talent, le patron de l’OM se ravisa toutefois à la dernière minute au vu de l’âge ( 34 ans) du maestro jdidi. Son choix se porta alors sur son coéquipier ghanéen, Abédi Pelé.
Car Amanallah n’était pas seulement une référence locale. Il était une véritable star en France. Témoin de cette reconnaissance, la une mémorable du magazine L’Équipe qui titrait un jour :
« Amanallah, meilleur numéro 10 de France, après Michel Platini ».
Quand on sait que Platini était alors Ballon d’Or, la formule en dit long sur la dimension du joueur.
Aujourd’hui, Azzeddine Amanallah reste injustement méconnu des jeunes générations, qui n’ont connu que Réda Riahi… et encore. Elles n’ont pas vécu cette époque bénie où les stars faisaient vibrer le stade El Abdi, où le football se racontait avec poésie, passion et ferveur populaire.
Une époque où un numéro 10 pouvait, à lui seul, faire battre le cœur de toute une ville.

Abdellah Hanbali

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