El Jadida : Quand le silence administratif ouvre la voie à l’impunité

L’opacité continue de régner sur la gestion de la ville d’El Jadida. Cette fois, c’est l’Instance nationale pour la protection des deniers publics et la transparence au Maroc qui tire la sonnette d’alarme. Selon des sources internes, la présidence de l’Instance s’apprête à déposer une plainte officielle auprès du Président du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire et du Président du Ministère public, contre le gouverneur de la province d’El Jadida. Motif : le silence total face à une trentaine de plaintes restées sans réponse.

Ces plaintes, envoyées depuis des mois, concernent une série de dossiers brûlants qui en disent long sur la dérive d’une gestion publique qui frôle le laxisme :

La propreté urbaine, objet de trois plaintes restées lettre morte ;

La gare routière, véritable gouffre administratif et financier, au cœur d’une quinzaine de signalements ;

Les conflits d’intérêts et les irrégularités du conseil d’administration de cette même gare ;

Sans oublier l’arrachage abusif des arbres de la place Hansali, les anomalies liées à l’Initiative nationale pour le développement humain, ou encore le scandale environnemental du déversement des eaux usées dans l’oued Oum Er-Rbia à Azemmour, que l’Instance qualifie de crime écologique et humain.

Malgré les preuves, documents et témoignages fournis, aucune enquête n’a été ouverte, aucune réponse n’a été donnée. Ce mutisme administratif, que l’Instance interprète comme une forme de complicité passive, alimente un climat où la transparence n’est plus qu’un mot vide de sens.

Et les membres de l’Instance ne mâchent pas leurs mots : « Si M. le Gouverneur ignore ces faits, c’est une catastrophe. Mais s’il en est conscient et qu’il choisit de se taire, c’est une tragédie encore plus grave. »

À El Jadida, la gestion publique semble devenue un terrain vague, où l’opacité fait loi et où chacun peut remplir ses poches à l’abri des regards, sans jamais craindre d’avoir à rendre des comptes.
Une gouvernance qui, loin d’inspirer confiance, alimente la colère d’une population lasse des promesses et du silence, et qui se demande combien de temps encore les institutions locales pourront continuer à étouffer les vérités dérangeantes derrière des portes closes

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