Doukkala : les « Fraqchiya », un fléau qui plonge les douars dans la peur


Dans plusieurs douars de la région des Doukkala, la peur des « Fraqchiya », ces bandes spécialisées dans le vol de bétail, continue de hanter le quotidien des habitants. À l’approche de l’Aïd et des périodes de forte demande en moutons et en bovins, ce phénomène ressurgit avec intensité, semant l’inquiétude parmi des familles qui vivent essentiellement de l’élevage.
Ces derniers jours encore, des mouvements suspects signalés dans certains douars de la commune de Beni Hilal ont ravivé les craintes des éleveurs. Au douar Al Aïn notamment, des individus inconnus auraient tenté de s’introduire discrètement dans le village au cœur de la nuit, avant de prendre la fuite après avoir été repérés par un habitant vigilant.
Pour les populations rurales, le vol d’une ou de plusieurs têtes de bétail ne représente pas une simple perte matérielle. Derrière chaque mouton ou chaque vache se cachent des mois de sacrifices, de travail et de privations. Beaucoup d’éleveurs économisent durant toute l’année pour constituer un petit cheptel, avant de voir surgir, en une seule nuit, des opportunistes prêts à leur dérober le fruit de leur labeur.
Face à cette menace permanente, de nombreux foyers des Doukkala ont fini par demander des permis de détention de fusils de chasse. Dans plusieurs douars, cette arme est devenue, avec les téléphones portables permettant d’alerter rapidement la gendarmerie royale, l’un des rares moyens de défense dont disposent les habitants pour protéger leurs biens et leurs familles.
Cette situation traduit surtout le sentiment d’insécurité qui gagne progressivement le monde rural. Les habitants réclament davantage de patrouilles nocturnes, un renforcement de la présence sécuritaire et une lutte plus ferme contre ces réseaux qui connaissent parfaitement les pistes, les habitudes des éleveurs et les moments propices pour agir.
Malgré cela, la solidarité entre habitants demeure une arme essentielle. Dans de nombreux douars, les veillées nocturnes, les rondes improvisées et la vigilance collective permettent encore de dissuader certains malfaiteurs. Car dans ces campagnes où l’élevage constitue souvent l’unique source de revenus, protéger le bétail revient tout simplement à protéger la survie des familles.

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