Centenaire du Lycée Ibn Khaldoun : une célébration au goût d’inachevé

À l’instar de l’Association Doukkala Mémoire pour la Sauvegarde du Patrimoine (ADMSP), qui a brillamment célébré le 20e anniversaire de l’inscription de la Cité Portugaise de Mazagan au patrimoine mondial de l’UNESCO le jeudi 9 février 2025 à El Jadida, le Lycée Ibn Khaldoun a marqué son propre jalon historique : son centième anniversaire.
Fondé autour de 1923, ce prestigieux établissement scolaire avait pour vocation initiale d’accueillir les enfants des coopérants français exerçant hors de la ville, ainsi que les élèves jdidis les plus prometteurs désireux de poursuivre leur parcours académique. Une initiative louable, qui mérite d’être saluée.
Cependant, la célébration du centenaire laisse un goût amer chez de nombreux anciens et passionnés d’histoire locale. En effet, si l’événement s’annonçait comme un hommage vibrant à l’héritage du lycée, force est de constater que l’histoire même de l’établissement a été quelque peu ignorée. Et ce, alors que les archives nécessaires se trouvent… sur place.
Plus regrettable encore, la tribune a été occupée par des intervenants extérieurs, dont les discours ont trahi une méconnaissance criante de l’histoire du lycée et de ses illustres anciens. Plusieurs noms emblématiques ayant marqué l’histoire du Maroc ont été tout simplement passés sous silence, alors même qu’ils ont effectué leurs premiers pas sur les bancs du Lycée Ibn Khaldoun.
Pour mémoire, et preuve en est pour bon nombre de présents, citons entre autres le professeur universitaire Beddari M’hamed, docteur en histoire et géographie, ou encore le Dr Skalli Sidi Driss, deux figures éminentes issues de cet établissement.
Il aurait été opportun, voire nécessaire, d’inviter certaines personnalités qui, sans aucun doute, auraient répondu présent pour honorer cette célébration symbolique. Parmi ces noms de haut rang dans la société :
Bencharqui (Association Doukkala), Housni Benslimane, Mahmoudi, André Azoulay, Driss Jettou, Bouchtia, Fifani Jilali, Hantati, Moubarik, Chiadmi Mustapha, Chiadmi Mohamed, Lahrari, Rmili, Maaroufi, Ijork Mustapha, Omar El Fassi, Ayoubi, Zeryab, Zyati, Jahidi, Hallaoui, et tant d’autres encore.
Ce centenaire devait être une célébration de la mémoire, une reconnaissance de l’excellence, et non un exercice d’improvisation. Organiser un événement culturel, historique ou sportif ne s’improvise pas. La recherche, la consultation des archives, le contact avec les témoins de l’époque : tout cela ne coûte rien, sinon un peu de temps et de considération.
Car à El Jadida, les ruelles et les murs parlent, et derrière chaque coin, chaque recoin, se cache une histoire qu’il serait dommage de voir sombrer dans l’oubli.
Al Alami Boussalem

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