Un homme d’affaires venu de Casablanca portait depuis des mois une blessure discrète : les retours tardifs de son épouse, des explications trop lisses pour être vraies et ce silence qui s’installe peu à peu entre deux êtres lorsque l’un commence à mentir et que l’autre commence à comprendre.
Il n’a rien dit. Il a simplement installé un petit boîtier GPS sous la carrosserie de la voiture. Un œil froid, sans émotion, qui allait bientôt parler à sa place.
Et un jour, en lui posant la question fatidique sur le lieu où elle peit se trouver, elle lui dit qu’elle est à Casablanca pour quelques courses, alors que le point qui s’affichait sur son téléphone racontait une tout autre histoire : El Jadida.
Deux versions qui ne pouvaient manifestement pas coexister.
L’homme a alors pris la route, suivant le signal comme on suit une ombre qui vous conduit inexorablement vers une vérité que l’on redoute.
Le point l’a finalement mené jusqu’à un hôtel classé, dont les murs, eux, ne savent rien des histoires qui se jouent derrière leurs portes.
Alertée, la police l’a rejoint et a attendu avec lui. Dès lors, le mari ne pouvait plus qu’observer, impuissant, le scénario qui se dessinait sous ses yeux.
Et lorsque son épouse est sortie de l’établissement, elle était accompagnée d’un homme. Quelques secondes ont suffi. L’homme a pris la fuite à bord de son véhicule. Les policiers ont cependant relevé sa plaque d’immatriculation avant qu’il ne disparaisse.
L’épouse, elle, a été retenue puis interrogée.
Au fil des questions, elle aurait fini par reconnaître une liaison clandestine qui aurait duré près de cinq ans, menée à l’insu de son mari et de leurs trois enfants.
L’homme qui a pris la fuite reste, pour l’heure, identifié essentiellement par sa plaque d’immatriculation. L’enquête se poursuit sous la supervision du parquet compétent afin d’établir les faits et les responsabilités.
Dans cette histoire, le GPS n’aura finalement été qu’un outil. Mais un outil dont le signal, lui, ne semblait laisser aucune place au doute.
Abdellah Hanbali
