Agression sexuelle: ils filment… au lieu d’aider!


Une affaire d’agression sexuelle à Khmiss Mettouh, dans la province d’El Jadida, choque autant par la gravité des faits que par l’attitude de certains témoins.
Un jeune homme d’une trentaine d’années, souffrant de troubles psychiques et mentaux, aurait été victime d’une agression dans un champ agricole du douar Ouled Sghir. Un homme de 59 ans est soupçonné d’être à l’origine des faits.
Mais le plus révoltant reste peut-être ailleurs.
Des jeunes auraient assisté à la scène, sorti leurs téléphones, filmé ce qui se passait, puis partagé la vidéo sur WhatsApp, au lieu d’alerter la Gendarmerie ou de tenter de protéger une personne manifestement vulnérable.
La vidéo a finalement permis aux enquêteurs de remonter la piste. Trois jeunes, dont un mineur, ont été interpellés pour leur implication présumée dans l’enregistrement et la diffusion des images.
La justice fera son travail et déterminera les responsabilités de chacun. Tous les mis en cause demeurent présumés innocents jusqu’à décision judiciaire définitive.
Mais cette affaire dépasse le simple cadre judiciaire.
Depuis quand filme-t-on la détresse au lieu de la secourir ?
Depuis quand le téléphone devient-il plus important que l’être humain qui souffre devant nous ?
Face à une personne vulnérable, l’urgence devrait être de protéger, d’appeler les secours, d’alerter les autorités. Pas de filmer. Pas de partager. Pas de transformer la souffrance d’un être humain en spectacle.
Cette histoire nous oblige à regarder une réalité dérangeante en face : le progrès technologique n’a de sens que s’il s’accompagne d’un minimum d’humanité.
Et lorsqu’une personne vulnérable est en danger, le premier réflexe devrait rester celui que nous avons parfois tendance à oublier : être humain.
Abdellah Hanbali

Related posts

Leave a Comment