Par Mustapha JMAHRI
Ancienne ambassadrice du Portugal au Maroc, Maria Rita Ferro est une grande connaisseuse de l’histoire de nos deux pays. Née en 1953 et diplômée de philosophie de l’Université de Lisbonne, elle a enseigné cette discipline dans un lycée avant d’intégrer le service diplomatique portugais en 1978.
Diplomate de carrière, elle a été ambassadrice en Tunisie, au Luxembourg puis au Maroc. Début 2020, elle a été nommée ambassadrice auprès de la Communauté des pays de langue portugaise (CPLP). Elle a également reçu le Prix Femina de Honra 2020. Ce prix annuel, décerné depuis 2010, récompense les femmes portugaises et lusophones de renom qui se distinguent par leur mérite professionnel, culturel et humanitaire, ainsi que par leur ouverture et leurs relations avec d’autres cultures, au Portugal ou à l’étranger.
En 2017, j’avais publié dans la série Les cahiers d’El Jadida un ouvrage intitulé « Mazagan, mémoires partagées », où j’évoquais la vie d’une famille portugaise d’El Jadida, les Ribeiro, dont je connaissais deux frères. À titre d’échange, j’ai envoyé un exemplaire de ce livre à Madame Maria Rita Ferro, à l’époque ambassadrice du Portugal à Rabat.
Le lundi 3 septembre 2018, j’ai reçu d’elle un courriel où elle me remerciait pour cet envoi qu’elle avait pris le temps de lire, tout en me confiant avoir également découvert mon précédent livre « Chroniques Secrètes sur Mazagan-El Jadida, 1850-1950 ». Elle m’écrivait entre autres :
« Et je tiens à vous dire tout le plaisir que cette lecture m’a donné, ainsi qu’une vision totalement différente de la ville pendant ce dernier siècle et demi, et même plus, sur ses habitants, sur la pluralité des nationalités vivant dans les Doukkala, l’intense activité de son port et toutes les histoires, tristes ou gaies, de ces familles qui illustrent, mieux que beaucoup d’autres récits, la vraie vie d’une communauté. L’histoire des Ribeiro, travaillant dans l’industrie de la conservation de poissons, traditionnelle aussi au sud du Portugal, à l’Algarve, d’où ils venaient (la famille de mon grand-père paternel venait aussi de là…) et le projet du musée portugais à Mazagan ont tout particulièrement attiré mon attention, mais d’autres aussi…. J’ai compris, par exemple, qu’il faut absolument que je visite la Citadelle de Boulaouane… C’était une « immersion jdidie » qui m’a appris beaucoup sur une ville que je connaissais surtout d’un point de vue de la « citadelle portugaise ». »
Ayant quitté le Maroc à la fin de l’année 2019, nous avons entretenu, pendant quelque temps, des échanges culturels réguliers. L’écriture et les livres demeurent en effet un lien précieux entre les peuples. En témoigne ce message reçu le 1er mai 2022 de Madame Maria Rita Ferro : « Merci beaucoup, Monsieur Mustapha Jmahri, d’avoir partagé avec moi un autre volet de l’histoire d’El Jadida. La ville et l’histoire des relations Portugal-Maroc vous seront toujours reconnaissantes d’avoir, avec rigueur et avec amour, sauvegardé ces personnalités et leurs circonstances historiques. »
Mustapha Jmahri
