Haouzia : quand l’homme détruit en quelques jours ce que la nature a mis des années à construire


À Haouzia, le long de cette route côtière menant vers le Pullman Golf Royal, un spectacle inquiétant interpelle. Une question s’impose : qui veille réellement sur la gestion de notre littoral ?
Dans le cadre d’un marché confié par la commune, un prestataire a été chargé de planter des ficoïdes, plus connues sous le nom de « griffes de sorcière ». Ces plantes rampantes jouent pourtant un rôle naturel important dans la fixation du sable et la stabilisation des dunes.
Mais au lieu de favoriser leur développement par une plantation adaptée, une méthode surprenante aurait été adoptée : arracher des plants déjà installés, robustes et enracinés à quelques centaines de mètres de là, pour tenter de les replanter ailleurs.
Des femmes ont ainsi été mobilisées pour déraciner une végétation que la nature avait patiemment façonnée au fil des années. Cinq mois que cela dure et aujourd’hui, le constat est amer : une grande partie des plants déplacés semble dépérir, laissant derrière elle un terrain fragilisé, exposé à l’érosion et à la reprise du sable lors des fortes rafales hivernales.
Ce qui devait être une opération de protection du littoral ressemble davantage à une intervention hasardeuse, révélatrice d’une méconnaissance de l’équilibre fragile des écosystèmes côtiers. Détruire en quelques jours ce que la nature a construit pendant des années relève d’un véritable non-sens écologique.
Au-delà de cet épisode, c’est toute la question du suivi et du contrôle des projets environnementaux qui se pose. Peut-on protéger la nature sans expertise réelle, sans accompagnement technique et sans contrôle rigoureux des travaux réalisés ?
La préservation du littoral ne peut être réduite à un simple chantier exécuté sur papier. Elle exige une vision, des compétences et une véritable responsabilité écologique.
Les autorités compétentes sont aujourd’hui appelées à se pencher sur cette situation afin d’éviter qu’un aménagement censé protéger la nature ne contribue finalement à sa dégradation.
À Haouzia, la nature ne parle pas, mais les traces laissées sur le terrain racontent une histoire. Reste à savoir si ceux qui ont le devoir de la protéger accepteront enfin de l’écouter.
Abdellah Hanbali

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