El Jadida : les promesses d’un nouveau souffle pour une ville en quête de son âme perdue

Après des décennies d’attente, de projets annoncés puis oubliés, El Jadida semble enfin entrevoir une nouvelle page de son histoire. Une convention de partenariat, soumise au conseil communal lors de sa session extraordinaire du 30 juin 2026, prévoit un vaste programme de mise à niveau urbaine, touristique et économique du Grand El Jadida sur la période 2026-2029, pour une enveloppe globale de 1,446 milliard de dirhams.

La part destinée à la ville d’El Jadida avoisine 1,030 milliard de dirhams, avec notamment 720 millions consacrés à la réhabilitation des rues et axes routiers, 25 millions à la valorisation de la cité portugaise, 60 millions au renouvellement de l’éclairage public, près de 50 millions à l’aménagement de la corniche, 30 millions aux marchés de proximité, 100 millions à la réalisation d’un parking souterrain et 40 millions aux espaces verts.

Des chiffres qui portent l’espoir d’une renaissance pour une ville longtemps malmenée, une cité qui a vu peu à peu ses repères disparaître, ses espaces se dégrader et son identité s’effacer sous le poids du béton et des années d’attente.

Mais au-delà des montants annoncés, une question demeure : ces projets seront-ils enfin réalisés ou rejoindront-ils la longue liste des promesses restées prisonnières des dossiers administratifs ? Car El Jadida ne manque pas seulement de chantiers, elle manque surtout d’une vision durable qui redonne vie à son patrimoine, à son littoral et à ses espaces verts.

Les 40 millions de dirhams dédiés aux jardins et espaces verts paraissent d’ailleurs bien modestes pour une ville qui souffre d’un déficit criant en la matière. La cité a besoin de retrouver des poumons verts, d’une véritable ceinture végétale et de projets capables de réparer les blessures environnementales accumulées au fil des années.

La cité portugaise, la corniche, les avenues, les marchés et les infrastructures de mobilité constituent autant de morceaux d’une ville qui aspire à retrouver son éclat d’antan. Encore faut-il que cette nouvelle ambition ne reste pas une nouvelle promesse suspendue dans le temps.

El Jadida mérite mieux qu’une succession d’annonces. Elle mérite que l’on restaure son visage, que l’on protège sa mémoire et que l’on rende à ses habitants la fierté d’appartenir à une ville qui, malgré les épreuves, refuse de perdre définitivement son âme.
Abdellah Hanbali

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