El Jadida : une fatalité ?


Jadis classée parmi les villes les plus coquettes du Royaume, riche d’un potentiel naturel et historique indéniable, El Jadida semble aujourd’hui reléguée aux marges du progrès. Comme si elle avait été, volontairement ou non, poussée hors du train du développement que d’autres villes marocaines ont su emprunter avec succès.
Malchance ? Fatalité ?
Rien n’est moins sûr.
La réalité est bien plus prosaïque : des décennies d’élus médiocres, davantage préoccupés par la gestion de leurs intérêts personnels que par ceux des citoyens. Une classe politique locale figée, parfois héréditaire, où nombre de parlementaires ne sont que la progéniture d’élus communaux fortunés, sans expérience, sans vision et, surtout, sans stratégie. Incapables, de ce fait, de constituer un véritable lobby au Parlement pour défendre les intérêts d’El Jadida et peser dans les choix structurants.
Et comme si cela ne suffisait pas, la gouvernance territoriale a sombré dans une instabilité chronique. Cinq gouverneurs se sont succédé en moins de dix ans. Après Mouâd Jamiî, l’arrivée de Mohammed Guerrouj en 2017 a été suivie par Samir Khamlichi, M’hamed Atfaoui, puis l’actuel gouverneur Sidi Ali Daha.
Comment expliquer une telle valse des responsables ?
Comment un gouverneur nouvellement nommé peut-il définir une stratégie, l’ancrer dans la durée, en suivre l’exécution et en récolter les fruits، ou, à défaut, en corriger les failles, dans un laps de temps aussi réduit ?
Aujourd’hui, El Jadida avance à l’aveugle. Une ville sans cap clair, sans objectifs précis, sans projets structurants menés à terme. Une cité livrée à l’improvisation, au bricolage permanent et, disons-le sans détour, au chaos.
Face à ce tableau sombre, une question s’impose :
El Jadida connaîtra-t-elle un jour un véritable sursaut ? Existe-t-il un sauveur, ou faut-il encore longtemps se résigner à regarder la ville s’enliser dans l’indifférence et la médiocrité ?

Abdellah Hanbali

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