La chambre correctionnelle du tribunal de première instance d’El Jadida, siégeant en appel, a rendu un verdict lourd de sens dans une affaire de violences extrêmes liées au football. Deux supporters du Difaâ ont été condamnés à cinq ans de prison ferme chacun, soit un total de dix années d’emprisonnement, pour leur implication dans des affrontements ayant conduit à la mort tragique d’un jeune homme brûlé vif.
Les faits remontent à la sortie d’un match ( DHJ-HUSA), où des heurts violents ont éclaté entre factions rivales de supporters, du Difaâ.
En effet, Les groupes « Dos Kallas » et « Cap Soleil » se sont retrouvés au cœur d’affrontements d’une rare violence, bien au-delà du cadre sportif. La victime, grièvement blessée à la tête puis aspergée d’essence et incendiée, a succombé ultérieurement à ses blessures.
L’enquête judiciaire a établi que ces violences n’étaient nullement spontanées. Elles avaient été préparées en amont, avec l’usage d’armes blanches, de substances inflammables et d’engins incendiaires.
Des déplacements organisés à moto, des visages dissimulés et une surveillance des quartiers ont transformé l’espace public en véritable champ de bataille, causant également d’importants dégâts matériels, notamment à des véhicules.
Lors de l’enquête, l’un des accusés a reconnu les faits et admis que la victime tentait de défendre son quartier. Le second a nié toute implication directe dans l’acte mortel, tout en reconnaissant sa présence lors des affrontements.
Après réexamen, la cour a retenu des circonstances atténuantes, tout en maintenant une peine ferme, à la hauteur de la gravité des faits.
Mais au-delà du drame humain, ce verdict se veut un signal fort. Il rappelle que le football ne saurait être un prétexte à la barbarie et que le hooliganisme, lorsqu’il franchit la ligne rouge, conduit inexorablement à la prison. Un message clair à destination des jeunes supporters tentés par la violence : l’aveuglement des tribunes peut coûter une vie… et briser définitivement les leurs.
Abdellah Hanbali
