Corniche d’El Jadida : le projet pieds dans l’eau… noyé par le conseil communal

Il y a un lustre à peine, un investisseur étranger avait avancé une idée aussi simple que lumineuse : ériger, tout le long de ce mur, une série de cafés et de restaurants pieds dans l’eau. Un projet capable, à lui seul, de redonner vie à la corniche jdidie, d’y ramener les familles, les promeneurs, les touristes… et, par ricochet, d’insuffler un nouvel élan à toute l’économie locale.
À El Jadida, l’idée avait fait l’unanimité. Dans les cafés, sur les bancs, au détour des discussions de quartier, les Jdidis s’y voyaient déjà. Une corniche animée, vivante, enfin digne de ce nom. Tous séduits. Tous… sauf le conseil communal.
Pourquoi ?
Silence radio. Aucune explication convaincante. Aucun débat public digne de ce nom. Juste ce refus opaque, typique de ces décisions prises loin des regards et du bon sens.
Alors les questions s’imposent, amères. Quelqu’un voulait-il s’approprier l’idée ? La laisser dormir pour mieux la ressortir plus tard, estampillée « initiative personnelle » ? Était-ce encore une de ces occasions sacrifiées sur l’autel de la médiocrité, de l’ego ou de calculs étriqués ?
Pendant ce temps, la corniche reste figée, triste, sous-exploitée. Le mur est toujours là, face à la mer, comme un rappel cruel de ce qui aurait pu être et n’a jamais vu le jour. Un décor parfait pour un projet avorté par des élus qui semblent naviguer à vue, quand ils ne rament pas à contre-courant.
À El Jadida, on a parfois l’impression que les idées neuves dérangent plus qu’elles ne stimulent. Que certains « décideurs », bras cassés notoires, n’ont pour seul talent que celui de freiner, bloquer, enterrer. Rien entre les oreilles, et encore moins une vision pour la ville.
Alors on attend. On observe. Wait and see, comme on dit. Mais en attendant, c’est toujours la ville qui paie la note, et les Jdidis qui regardent la mer… en rêvant à ce qu’elle aurait pu offrir.

Abdellah Hanbali

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