Il était une fois Azemmour…

Azemmour semble aujourd’hui livrée à son sort, abandonnée à une lente agonie sous le regard passif de ceux qui en ont la charge. Cette cité mystique, chargée d’histoire et de symboles, sombre dans une déchéance quasi totale où le déclin, le délabrement, la pauvreté et le désœuvrement s’entremêlent jusqu’à devenir son quotidien le plus banal.

Hideuse et lugubre, Azemmour a perdu depuis longtemps son allure majestueuse. Elle n’est plus cette ville fascinante et lumineuse qui charmait les cœurs et ensorcelait les esprits d’ici et d’ailleurs. Son teint envoûtant s’est terni, son âme semble meurtrie. Plus rien ou presque n’y réconforte, plus rien n’y réjouit. De mémoire d’Azemmouri, jamais la ville n’avait atteint un seuil aussi désolant et inquiétant.

Les espoirs nourris, les promesses de redressement et les discours sur une hypothétique réhabilitation se sont, au fil des années, révélés n’être que de vaines illusions. Pendant ce temps, même les édifices sublimes et imposants, témoins d’une histoire séculaire et glorieuse, se détériorent dans une indifférence assourdissante, s’effritant pierre après pierre sous l’effet du temps et de l’abandon.

En matière d’entretien et de maintenance, c’est le désistement total. Les immondices jonchent les rues, les ordures s’imposent comme un décor permanent et aucune partie de la ville n’est épargnée. Ville aux mille trous, Azemmour offre des artères tantôt impraticables, tantôt totalement inaccessibles. Leur état, alarmant, ne cesse de se dégrader. À la moindre pluie, c’est le calvaire pour les habitants, condamnés à patauger dans l’eau et la boue, livrés à eux-mêmes.

Face à cette situation, l’inertie des responsables interpelle. Impuissants ou indifférents, les gestionnaires de l’une des plus anciennes municipalités du Royaume, créée en 1924, assistent sans broncher à la lente mort d’un patrimoine précieux, sans même tirer la sonnette d’alarme ni mobiliser l’attention de tous.

Même les rives de l’Oued Oum Er-Rabiâ, autrefois riches en événements heureux et en scènes de vie, ont perdu leurs traits enjoliveurs qui faisaient leur charme et leur singularité. Aujourd’hui, Azemmour se meurt dans un silence pesant, et avec elle s’efface une page essentielle de notre mémoire collective. Jusqu’à quand ce naufrage se poursuivra-t-il sans réaction ?

Abdellah Hanbali

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