Tragédie à El Jadida : un jeune étudiant retrouvé mort chez lui, un symbole d’une jeunesse sous pression?

Une onde de choc a secoué la ville d’El Jadida ce samedi soir. Un étudiant universitaire, âgé à peine de 19 ans, a été retrouvé sans vie dans la chambre qu’il louait au quartier Al Boustane 5. À ses côtés, une bonbonne de gaz ouverte. Une scène glaçante qui interroge autant qu’elle bouleverse.
Le jeune homme, originaire de Casablanca, suivait ses études à l’École Nationale des Sciences Appliquées (ENSA) d’El Jadida, l’une des écoles les plus exigeantes du pays. Il était décrit par ses camarades comme un étudiant sérieux, discret, mais souvent épuisé par le rythme infernal de ses études. Ce soir-là, il a été retrouvé allongé sur son lit, asphyxié par une fuite de gaz.
Le corps a été transféré à la morgue de l’hôpital Mohammed V pour autopsie, tandis que ses parents, anéantis, tentaient de comprendre l’incompréhensible. Car au-delà du drame humain, ce décès tragique pose une question plus large : combien de jeunes, livrés à eux-mêmes loin de leurs familles, ploient aujourd’hui sous le poids d’un système d’enseignement impitoyable, sans accompagnement psychologique ni soutien moral ?
Les écoles d’ingénieurs, censées être des lieux d’épanouissement intellectuel, se transforment trop souvent en prisons mentales pour des étudiants encore fragiles, à peine sortis de l’adolescence. Les nuits blanches, la solitude, la peur de l’échec, la compétition permanente… autant de maux silencieux qui minent une génération entière.
Cette tragédie d’Al Boustane n’est donc pas un simple fait divers : c’est le miroir d’un malaise plus profond. Celui d’une jeunesse talentueuse mais étouffée, d’un système éducatif qui forme des têtes sans toujours se soucier des cœurs.
Peut-être qu’il est temps, enfin, de parler sérieusement de soutien psychologique dans nos universités, de conditions de vie dignes pour les étudiants, et de l’urgence d’humaniser l’enseignement supérieur.
Car derrière les murs froids des écoles et des cités universitaires, trop de jeunes luttent seuls, et parfois, hélas, perdent cette lutte.
Abdellah Hanbali

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