Chronique de Mustapha Jmahri : Le Caïd Ben Hamida


« Le caïd Ben Hamida, destin d’une figure du caïdalisme » est mentionné dans un ouvrage historique et autobiographique de Rachid Drif publié à Rabat en 2024. Cet ouvrage de 188 pages dédié au caïd ben Hamida est une contribution à la préservation de la mémoire historique et en même temps une manière de rendre hommage à cet ancien caïd qui a assuré le commandement au niveau de l’ancienne cité de Madinat el-Gharbia (commune de Tnine Gharbia, en Doukkala) pendant une période importante de l’histoire du Maroc marquée par la prépondérance du système
caïdal dans un contexte colonial mitigé.
Le caïd Mohammed ben Hamida est le fils du caïd Abdelkader ben Hamida dont on ne sait que peu de choses. Les informations sur la vie et le parcours politique du père du caïd, descendant de la dynastie des zirides, sont rares. Il a été nommé caïd par
dahir du sultan Moulay Abdelhafid en date du 8 septembre 1907. On sait également que le caïd est décédé le 20 septembre 1926 et qu’il était de son vivant contemporain du caïd Aïssa ben Omar.
Durant plusieurs années à la tête de la tribu des Oulad Amor Gharbia, le caïd avait établi une organisation rigoureuse qui lui avait permis d’assurer un contrôle efficace du territoire et des administrés, assure l’auteur. Il intervenait sur une grande zone englobant Gharbia, Oulad ben Yeffou et Oualidia : un territoire qui va de l’intérieur des terres des Doukkala vers l’océan Atlantique. Ceci conforte l’idée que la tâche de ce
responsable marocain n’était aucunement de tout repos et ce à cause des difficultés engendrées non seulement par les rivaux externes mais aussi par ceux de l’intérieur à sa tribu voire de sa famille.
Sa relation avec les autorités françaises étaient aussi fluctuantes selon les différents responsables du Protectorat qui se sont succédés. Il fut même soupçonné d’avoir eu des contacts avec les Allemands. Le contrôleur civil chef de l’annexe des Doukkala-
Sud écrivait à ses supérieurs que Ben Hamida aurait essayé de se rapprocher des autorités allemandes qui séjournaient, à l’époque, au Maroc.
Madinat el-Gharbia abritait la demeure du caïd ben Hamida qualifiée de ksar dans les documents d’archives. Le ksar était bâti sur une superficie de plus d’un hectare et était situé à 15 km de Oualidia et à 5 km du centre de Tnine Gharbia. Dans le ksar vivait une centaine de personnes de sa famille et du personnel de service. Le ksar comportait également des écuries avec une cinquantaine de chevaux. Le caïd possédait aussi d’autres biens domaniaux azibs, kasba et riad.
Ce livre vient combler un vide flagrant dans l’histoire régionale et nationale et sur ’une des personnalités qui avait marqué sa région à l’époque de cette parenthèse
qu’était le Protectorat.

Related posts

Leave a Comment