Corniche d’El-Jadida : une décision de trop pour un conseil communal en panne de vision

Les autorités locales d’El Jadida ont une fois encore donné la preuve d’une gestion improvisée, en adressant aux propriétaires de trois cafés de la corniche des avertissements leur enjoignant de vider les lieux avant dimanche prochain. Une décision tombée sans concertation, sous prétexte de travaux d’aménagement du jardin Mohammed V et d’ouverture de la nouvelle voie côtière.
Derrière ce projet, les responsables invoquent une “vision globale” de réorganisation du domaine maritime et de valorisation du front de mer. En théorie, l’idée paraît séduisante. En pratique, elle traduit surtout le désordre chronique d’un conseil communal incapable de planifier ou de mener des projets dans la transparence et la concertation.
Depuis des années, la ville d’El Jadida souffre d’un urbanisme bancal, où les décisions s’enchaînent dans la précipitation, sans études sérieuses ni réflexion sur les conséquences sociales et économiques. Le chantier de la corniche, censé donner un nouveau visage à la ville, risque de se transformer en un nouvel exemple d’improvisation administrative.
Certes, la création d’un espace vert et de détente au bord de mer serait un projet louable si elle s’inscrivait dans une démarche participative, concertée et planifiée. Mais dans la pratique, l’opacité et la précipitation habituelles laissent craindre un nouveau chantier bâclé, un de plus dans une ville où les projets se succèdent sans vision ni continuité.
Alors que les autorités promettent des réunions « dans les prochains jours » pour calmer la grogne, les habitants, eux, s’interrogent : quand El Jadida aura-t-elle enfin droit à une gestion digne d’une ville touristique, fondée sur la clarté, la transparence et le respect de ses acteurs économiques ?

Abdellah Hanbali

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