Plus que jamais, la Botola Pro met en évidence une fracture nette entre deux mondes. D’un côté, des clubs armés pour jouer le titre ou, à défaut, pour viser les places qualificatives aux compétitions africaines et arabes. De l’autre, des équipes dont l’unique ambition reste d’échapper à la relégation.
Le Difaâ illustre tristement cette seconde catégorie.Car comment expliquer un recrutement estival de 17 joueurs, de quoi constituer presque deux effectifs, sans parvenir à améliorer ni la qualité de jeu, ni les résultats ? Le paradoxe est d’autant plus criant que deux éléments clés, Sahd et Al Arjoune, pourtant encore sous contrat, se sont retrouvés libres de tout engagement à cause d’erreurs administratives incompréhensibles, voire scandaleuses et qui n’ont pas hésité une seconde à profiter de l’aubaine pour quitter définitivement le navire jdidi.
Résultat : après 270 minutes de jeu, l’attaque du DHJ reste désespérément muette, et le rendement global ne cesse de décevoir un public jdidi de plus en plus désabusé.
Face à ce Difaâ malade, le Raja n’a eu aucune difficulté à se refaire une santé. Corrigés par les FAR lors de la précédente journée, les Verts ont trouvé face aux Doukkalis une opposition de seconde zone. Leur supériorité technique et la vivacité de leurs attaquants ont suffi pour offrir au nouveau coach, fraîchement intronisé en remplacement de Chabbi, une première victoire encourageante.
Mais il serait trompeur de considérer ce succès comme un match référence pour le Raja. Car la vérité est ailleurs : le véritable enseignement de cette rencontre réside dans le naufrage organisationnel du DHJ, miné par une gestion calamiteuse, des recrutements sans vision et des libérations de joueurs clés aux allures de scandale administratif.
Abdellah Hanbali
