Chronique de Mustapha Jmahri : Vestige du passé. Une ancienne pompe surpresseur au lycée Ibn Khaldoun d’El Jadida


Le lycée Ibn Khaldoun d’El Jadida, ancien collège de Mazagan au temps du Protectorat, est un établissement centenaire. Une plaque à l’intérieur du lycée indique qu’il fut créé en 1925 d’abord en tant qu’école primaire avant de devenir collège dans les années 1930, puis lycée.
Dans les années du Protectorat, à l’époque où plusieurs quartiers n’étaient pas encore raccordés au réseau d’eau potable, l’administration française du lycée avait commandé et installé une pompe suppresseur élévateur hydraulique à engrenages pour fournir l’eau au bloc sanitaire et abreuvoir installés au rez-de-chaussée et au laboratoire de sciences installé au premier étage.
À défaut d’archives et d’inscription sur l’appareil, cette pompe peu rouillée, que nous avons pu visiter récemment semble de fabrication locale des années 1945-1950. Installée dans une cabine étroite, elle ne porte aucune indication qui puisse identifier son origine ou sa marque. En bon état de conservation, elle dispose d’un système d’engrenage multiple avec cliquet anti-retour qui permet de fournir la pression d’eau et de la distribuer par tuyaux.
Pour faire monter l’eau et la distribuer, l’appareil dispose d’une manivelle manuelle destinée à actionner des engrenages à gauche, et à droite un système de clapet anti-retour pour empêcher que l’eau pompée ne redescende.
Une cuve d’environ 50 litres de contenance est située à l’arrière de la pompe, et y est raccordée par un manchon qui devait être soudé. Cette cuve semble être dotée d’un système permettant de créer de la pression pour faire monter l’eau dans la tuyauterie menant au laboratoire du premier étage.
Dans les années 1950, une sorte de fontaine était installée près de l’entrée des professeurs qui n’existe plus. Jean-Louis Morel, un ancien élève, explique dans son livre « Éclat d’enfance à Mazagan » (Narbonne 2006 p. 220) que sous le préau, il y avait une sorte de fontaine où une vingtaine de robinets offraient aux gosiers secs une eau fraîche. « Le plus souvent, l’abreuvoir faisait office de banc et les garçons s’y alignaient, mollement adossés aux tuyaux de cuivre ». Jamal-Eddine Bouamrani, ancien élève interne de l’année 1952, se rappelle que sous cette fontaine, il y avait une plaque couvrant une fosse qui pouvait être un puits.
En fonction des éléments constatés sur place, et de l’avis d’un connaisseur dans ce type de machines, le mécanisme à engrenage joue le rôle de démultiplicateur pour la force à exercer sur la manivelle (en l’absence de l’électricité). On note aussi que cet engrenage a pour but de prévenir les éventuels retours violents de la manivelle. Au final, cette machine a pour objectif principal le pompage de l’eau du puits ou de la nappe phréatique, ici très proche, et la distribuer.
Jmahrim()yahoo.fr

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