Sur Chaîne Inter Culture, Mustapha Jmahri explique l’importance de la découverte d’épaves archéologiques au large d’El Jadida

L’émission « Terre des cultures » diffusée sur la Radio marocaine Chaîne inter culture jeudi 16 janvier 2025 à 19 heures 30 fut consacrée à un entretien avec le chercheur Mustapha Jmahri au sujet de la récente découverte d’épaves historiques sur la côte d’El Jadida.
En effet un communiqué publié jeudi 9 janvier par le Centre national des études et des recherches sur le patrimoine subaquatique, relevant du ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication a annoncé la découverte des épaves de deux navires archéologiques au large de la ville dEl Jadida. Cette découverte s’inscrit dans le cadre d’un programme de recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines, qui vise à découvrir de nouveaux sites archéologiques subaquatiques et à procéder à la documentation archéologique d’autres sites déjà découverts, fait savoir le Centre.
Interviewé par la journaliste Mouna Benameur, l’écrivain Mustapha Jmahri, auteur-éditeur de la série « Les cahiers d’El Jadida » a expliqué que depuis la nuit des temps, la côte de la province d’El Jadida a connu nombre de marins et de compagnies de navigation de tous les pays du monde, ce qui a engendré aussi des évènements de mer et l’histoire a gardé les traces de ces tragédies maritimes.
L’une de ces traces, souligne l’interviewé, concerne cette découverte d’épaves métalliques, l’une près de la plage de la ville et l’autre à proximité de l’entrée du port. Selon les premières descriptions des épaves, ces navires datent probablement de la seconde moitié du XIXe siècle, période d’apogée des activités de l’ancien port d’El Jadida, considéré à l’époque comme l’un des principaux ports commerciaux du Maroc.
Le chercheur a également précisé que la présence d’épaves issues des naufrages célèbres près du port d’El Jadida, de la plage et au long de la côte de la province était toujours connue grâce aux archives des pays européens. Mais c’est la découverte des endroits qui est l’élément essentiel dans cette nouvelle annonce. Car en effet, les épaves sont toujours sujets à la destruction, à la dégradation et au glissement avec les courants,
Concernant la recherche documentaire locale, Mustapha Jmahri a expliqué qu’il a abordé ce volet des incidents maritimes, survenus dans cette région, dans certains de ces travaux notamment son livre « Le port d’El Jadida, une histoire méconnue » qui est le seul et unique travail de son genre sur ce port emblématique. Dans son deuxième livre « Chroniques secrètes sur Mazagan », il a consacré une chronique intitulée « Les naufrages célèbres à Mazagan aux XIXe et XXe siècles ». Enfin dans son livre « Bibliographie sur l’histoire d’El Jadida , 1993», il a dédié un volet bibliographique aux cartes publiées à la fin du XIXe et débuts du XXe siècle et qui mentionnaient les endroits des épaves visibles à marée basse à cette époque près du port.
Sur l’importance de ces découvertes subaquatiques, Mustapha Jmahri a répondu que tout comme un site d’archéologie terrestre, toute détérioration dune épave enlève une partie de l’intérêt culturel et patrimonial. C’est pour cette raison qu’il ne faut absolument pas autoriser les plongeurs à prélever des éléments ou des objets. Les découvertes archéologiques sous-marines sont importantes pour connaître la façon de naviguer dans le passé, les méthodes de construction des navires et les objets et matériels transportés.
L’hôte de l’émission a indiqué, à la fin, qu’une épave est une capsule temporelle, une fois détruite ou abimée, elle n’a plus le même intérêt pour les archéologues et les historiens. Ceci explique sans doute pourquoi le ministère de la culture ne veut pas donner trop d’informations et ce dans l’attente d’achever les investigations par les experts.
Compte rendu M.B

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