Le Marché Central d’El Jadida, jadis un joyau de l’architecture française du début du XXe siècle, est aujourd’hui l’ombre de lui-même.

Autrefois réputé pour ses étals richement pourvus en poissons, viandes, fruits et fleurs jusqu’aux années 70/80, il continue d’attirer les clients, notamment ceux en quête de produits de la mer ou de bouquets floraux. Cependant, la réalité actuelle du marché est bien loin de son faste d’antan.
L’entrée du marché est particulièrement repoussante, accueillant les visiteurs avec des amoncellements d’ordures qui encerclent ses murs vieillissants. L’intérieur du bâtiment, négligé et jamais rénové, reflète un délaissement marqué qui transparaît à travers chaque fissure et éclat de peinture écaillée.
La situation est encore plus chaotique à l’étage supérieur, où règne une désolation absolue. Cet espace, jadis vibrant, est désormais un tableau de désolation et de vacuité, exacerbé par la saleté et les débris qui s’accumulent sans contrôle. La plupart des locaux sont fermés, à part 2 ou 3 échoppes de tailleurs… Les conditions d’hygiène y sont tellement déplorables que même les besoins naturels les plus urgents sont mis en pause, tant l’insalubrité des deux toilettes disponibles est rebutante. Les odeurs nauséabondes qui s’en dégagent dissuadent les plus téméraires.
L’absence de toilettes fonctionnelles et propres est symptomatique du manque général de soin qui afflige le Marché Central.
Cette carence est d’autant plus ironique que, lorsque le marché se limitait à la vente de poissons, les installations sanitaires étaient fonctionnelles. Aujourd’hui, alors que le marché a diversifié son offre pour inclure des restaurants attirant une clientèle plus large, ces mêmes toilettes sont devenues insuffisantes et inutilisables. L’absence de commodités adéquates non seulement diminue le confort des utilisateurs mais pose également un risque sanitaire significatif, transformant les visites au marché en une expérience désagréable plutôt qu’en un plaisir.
Tout ce désordre est aggravé par des constructions anarchiques qui ont érodé la belle architecture du marché et par l’occupation des trottoirs par des vendeurs et des stands illégaux, entravant la circulation et gâchant l’esthétique du lieu.
Ces additions illégales et l’envahissement des espaces publics autour du marché ne font que renforcer le tableau de négligence et de décadence qui défigure l’endroit.
Il est tragique de voir un lieu aussi chargé d’histoire et de souvenirs réduit à un tel état de négligence. N’est-il pas impératif de prendre des mesures pour restaurer ce patrimoine, témoin vital de la culture Mazaganaise, et de le préserver pour les futures générations? Il mérite une intervention urgente pour retrouver sa dignité et sa fonctionnalité d’antan pour continuer à servir dignement et les jdidis et les nombreux visiteurs…
La question demeure : laisserons-nous ce patrimoine historique sombrer dans l’oubli, ou prendrons-nous les mesures nécessaires pour le sauvegarder ?

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