El Jadida saura-t-elle comment conserver son identité balnéaire?

Depuis le début des années 80, on savait bien que l’avenir d’El Jadida était irrémédiablement scellé et que tous les indicateurs la prédestinent à se positionner économiquement aux premiers rangs à l’échelle Nationale.
Les maîtres des lieux qui se sont succédé à la tête d’El Jadida, disposaient donc d’une belle longueur d’avance pour repenser la destinée de cette coquette ville, en cadrant son avenir dans une dimension beaucoup plus importante, afin qu’elle puisse être à la hauteur des nouveaux défis qui l’attendent au détour.

Aujourd’hui, et après près d’une quarantaine d’années de sursis, on a le sentiment qu’El Jadida vieillit mal et vagabonde toujours dans les labyrinthes de l’inachevé et du mal vivre.
L’actuelle saison estivale, qui se présente moins dynamique et moins payant est tombée à point nommé pour dénuder les graves lacunes et les impardonnables défections d’une ville qui a fait beaucoup de bruit autour de sa notoriété en tant que destination balnéaire en puissance.

Certes, quelques nostalgiques visiteurs se sont encore bousculés aux portes de la ville et ont accouru des quatre coins du pays croyant redécouvrir cette oasis à merveilles. Certes, la plage d’El Jadida et son positionnement au centre ville tente encore une certaine gamme de visiteurs en quête de fraîcheur océanique. Certes, Sidi Bouzid, Haouzia et autres criques du paradisiaque littoral de la Province lancent toujours leurs appels de sirène. Certes, l’animation ne manque pas au menu pour meubler les fraîcheurs de la nuit et sonner les clairons de la fête…mais pourrait-on pour autant avancer que cette saison estivale a été gérée à la hauteur de la réputation qu’on veut donner à El Jadida et que le balnéaire pourrait représenter la clé de voûte de l’économie locale?

Loin s’en faut. Le balnéaire dans sa version actuelle a ses propres règles et fait appel à beaucoup plus d’implication de la part des responsables qui sont censés être en mesure d’imaginer une politique de la ville en harmonie avec l’actualité des besoins. Ce serait faire preuve de beaucoup de légèreté, en estimant que le vrai balnéaire se sonde sur la base du nombre de visiteurs et des interminables défilés des véhicules. Aujourd’hui et à l’aune de ces nouveaux temps, le rituel des vacances se confirme en tant que culture à part entière, dont les exigences sont aussi complexes que multiples. Le tourisme de masse qui prend toute son ampleur durant la haute saison, n’est plus celui qu’on connaissait autrefois. Les mentalités et les habitudes ont évolué au rythme de la modernité et des vœux des nouvelles générations.

Il faut bien souligner que les rêves ne durent que le temps d’un léger sommeil. Et si El Jadida a prolongé assez longtemps son rêve de destination touristique par excellence tout
en sommeillant profondément sur des lauriers virtuels, nous estimons qu’aujourd’hui, avant demain, les temps sont à l’urgence du réveil.

Des centaines de milliers ont fait le pèlerinage à la capitale de Doukkala…combien d’entre eux
se hasarderont à renouveler l’aventure dans l’avenir.?

Question que les tenants et aboutissants qui gravitent autour du tourisme doivent prendre sérieusement en considération.

Chahid Ahmed

Ph: plage d’El Jadida en 2013

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