Voilà plus d’une décennie que le même comité s’accroche aux rênes du Difaâ. Une éternité dans la vie d’un club, surtout quand le bilan laisse un goût amer. C’était pourtant au lendemain d’un moment glorieux : la première Coupe du Trône remportée par le DHJ. Une époque bénie, celle de Laâroubi, Saâssaâ, Hadraf, Chagou, Nekkach, Soumah, Lengoulama, Karnass… Une génération dorée vite dispersée.
Depuis l’arrivée de ce comité, tout l’effectif, ou presque, a été cédé à d’autres clubs. Les arguments avancés ? « Renflouer une caisse à plat ». Une caisse qui, ironie du sort, semble être restée désespérément vide depuis. Résultat : les performances ont décliné, les saisons se sont succédé dans un éternel bricolage, et le DHJ est devenu un habitué du jeu de l’ascenseur entre la première et la deuxième division.
Cette année encore, le scénario se répète. Deux des meilleurs éléments de l’équipe, Sahd et Al Arjoune, se sont retrouvés libres suite à de grossières erreurs administratives. Libres… et bien décidés à aller voir ailleurs. Un nouvel épisode d’amateurisme qui ne choque plus personne, tant le mal est profond.
Mais le plus incompréhensible reste ce recrutement invraisemblable de 17 nouveaux joueurs en début de saison. Comment un club qui se plaint d’une trésorerie exsangue peut-il s’offrir une telle « refonte » ? Ce n’est plus un renfort, c’est une révolution. On ne reconstruit pas une équipe en changeant onze joueurs et leurs doublures. C’est du grand n’importe quoi, à la limite de l’irresponsabilité.
Aujourd’hui et après quatre journées de championnat, le constat est implacable : aucune victoire, un jeu décousu, une équipe méconnaissable et, surtout, un club à la dérive. Le DHJ se retrouve une nouvelle fois dans la zone rouge, sans véritables moyens de redressement.
À ce stade, la question n’est plus de savoir si le Difaâ va se maintenir, mais jusqu’à quand ce comité continuera à s’accrocher à son fauteuil, malgré son incapacité à gérer un club de cette envergure. Leur méconnaissance des fondamentaux du football et leur entêtement à rester en place poussent plus d’un Jdidî à se demander : combien de temps encore le Difaâ devra-t-il payer le prix de cette gouvernance à l’aveugle ?
Abdellah Hanbali
