Les éléments de la Gendarmerie royale du centre d’Ouled Ghanem, relevant de la compagnie d’El Jadida, ont mis en échec, jeudi 15 octobre 2025, une nouvelle tentative d’émigration clandestine vers l’Europe, au départ des côtes atlantiques de la province. Une scène devenue tristement banale, reflet d’un mal plus profond que les autorités peinent, ou refusent, de regarder en face.
Tout a commencé aux abords de la plage de Belghartia, près du douar El Mallala, lorsque des patrouilles, chargées de surveiller les côtes, ont intercepté quatre véhicules chargés de migrants et de matériel de traversée. Parmi les véhicules saisis : des Citroën, Renault, Volkswagen et Hyundai, tout un convoi de la misère et de l’espoir, stoppé à quelques mètres de l’océan. À bord, un canot pneumatique de type Zodiac, dix bidons d’essence et surtout vingt vies suspendues entre rêve et désillusion.
Ces vingt personnes, parmi lesquelles une femme, croyaient sans doute pouvoir écrire ailleurs un avenir qu’on leur refuse ici. Mais c’est derrière les grilles d’un centre judiciaire d’El Jadida qu’elles ont finalement atterri, en attendant de répondre d’un « crime » dont la seule faute est souvent de ne plus croire à rien.
L’opération, menée sur la base d’informations précises des services de renseignement, illustre une fois de plus la vigilance sécuritaire d’un État prompt à montrer sa fermeté… Mais derrière les communiqués et les chiffres, une question dérange : pourquoi tant de jeunes continuent-ils à risquer leur vie sur des embarcations de fortune, alors que le pays s’enorgueillit d’ambitions économiques et d’accords diplomatiques clinquants ?
Le Maroc officiel semble aujourd’hui davantage préoccupé par son image à l’international que par le désespoir silencieux de sa jeunesse, cette génération qui ne rêve plus de briller ici mais simplement de fuir, coûte que coûte. Tant que la mer restera le dernier refuge de ceux qu’on n’écoute plus, les arrestations se multiplieront, mais le problème, lui, restera entier.
Encore une fois, la mer a failli avaler nos enfants…
