Les années se suivent et se ressemblent pour cette belle cité, sans nul espoir qu’elle retrouve ses lettres de noblesse depuis que ces élus ont accédé à sa Commune, dite « urbaine ». Une autre année s’éteint sans que les attentes des jdidis ne soient satisfaites, ne serait-ce qu’en partie.
La ville connait un effondrement frappant des trajectoires de développement social et économique qui lui avaientq été tracées, et ce dans l’ensemble de ses quartiers.
Un constat bien amer qui soulève certes, plusieurs interrogations sur les raisons qui ont laissé El Jadida accuser ce retard en matière de développement social et urbanistique. Cette belle ville qui a connu un passé glorieux continue sa descente aux enfers et se dégrade de plus en plus, malgré les innombrables atouts dont elle dispose. Le Deauville marocain, hélas, n’est plus.
La majorité des quartiers de la ville sont dans un état lamentable. Et pourtant, jadis cette petite ville était réputée par sa propreté, son calme et sa sécurité. Plus rien ne persiste de tout cela. Dans ce havre de paix règne désormais l’insalubrité, la violence et l’insécurité.
L’entretien et la gestion de la ville étaient assurés par les services de la Commune qui s’acquittaient convenablement de leur mission. Cependant, depuis quelques décennies, la ville a été livrée à elle-même, ou plus exactement à des mains qui ont précipité son effondrement et l’ont conduite au niveau où elle se retrouve actuellement. Elle est en proie à une dégradation tous azimuts, offrant un paysage des plus hideux au grand désarroi des mazaganais qui ne savent plus à quel saint se vouer pour sauver leur ville.
Tout subit le même sort, aussi bien les espaces verts que les quartiers qui souffrent d’un manque flagrant de maintenance et d’entretien, et d’insuffisance d’une infrastructure de base adéquate.
Inutile de remuer le couteau dans la plaie et invoquer une fois de plus tous ces projets en instance depuis des années et qui attendent leur ouverture, tels, le marché de gros des fruits et légumes, ou la gare routière. A croire que les contrats relatifs à ces marchés ne sont soumis à aucun contrôle, ni à aucune loi, sachant que tout contrat répond à certains termes définis en commun accords entre les parties contractantes, et est soumis à un délai d’exécution.
A titre de comparaison, le marché de gros de Rabat, dont les travaux ont été lancés en janvier 2023 sera opérationnel en 2024. El Jadida serait-elle soumise à un autre système de conclusion de marchés publics ?
Doit-on encore souligner que les citoyens se plaignent des conditions insalubres dans lesquelles se trouve leurs quartiers. Les ordures cernent les immeubles, les établissements scolaires, les habitations et toutes les artères de la ville. Même les édifices publics ne sont pas épargnés. Les sacs éventrés jonchent les trottoirs et les odeurs nauséabondes se dégagent de ces dépotoirs à ciel ouvert.
Inutile de rappeler toute l’anarchie qui prévaut avec l’avènement depuis quelques années, chômage oblige, de ces vendeurs et restaurateurs ambulants. Un phénomène de société qui a prix de l’ampleur et qui a gravement porté atteinte à l’image de marque de cette belle cité, transformant le centre-ville en un véritable souk.
Une situation grandement imputable à la responsabilité de la Commune et des élus, qui n’arrivent plus à gérer ne serait-ce que le contrat la liant à la société ARMA qui persiste et signe dans son incapacité à assurer l’entretien et la gestion de la propreté des voiries qui croulent sous les déchets ménagers.
D’autre part, le réseau routier est défectueux et les travaux de réaménagements se suivent et se ressemblent dans leur mauvaise gestion et sont souvent sujets à des interruptions inexpliquées et inexplicables, si bien que l’on retrouve une multitude de nids-de-poule. Exception faite des quelques avenues réaménagées dans les règles de l’art sous la pression et l’intervention effective sur le terrain de l’ancien Gouverneur Mohammed El Guerrouj.
Mais comme dit l’adage l’exception confirme la règle générale qui continue de sévir, à savoir, une ville nullement à la hauteur des attentes des habitants.
Dans certains quartiers, les trottoirs ne sont pas aménagés et les égouts sont souvent obstrués, si toutefois, ils ne sont pas saccagés suite aux actes de vandalisme.
Inutile de rappeler que les slogans tant scandés sur la préservation de l’environnement, fortement menacé, demeurent de mise seulement le temps d’une campagne.
Ce triste constat est que, plus rien ne perturbe ou inquiète les élus locaux, bien que la situation soit devenue alarmante et le quotidien des citoyens soit devenu invivable.
Une situation qui devient de plus en plus intolérable sans que les responsables remuent le petit doigt pour tenter d’alléger, un tant soit peu, le dur vécu des citoyens.
En cette fin d’année, il était impératif de rappeler ce bilan d’une ville qui, disons-le, navigue à vue. Une situation inquiétante qui pousse à croire que la Commune a cédé les commandes sans penser à laisser quiconque à la barre !
Sombre constat et triste sort pour la belle Mazagan !
Espérons un miracle en cette nouvelle année 2024, qu’on souhaite prospère pour tous les jdidis et autres citoyens.
El Jadida : La ville sans espoir de retour… à sa gloire d’autan
