Chronique de Mustapha Jmahri : Driss Benhima à la 17ᵉ édition de la Semaine de l’Environnement d’El Jadida

Sous la Présidence d’Honneur de Son Altesse Royale la Princesse Lalla Hasnaa, la 17ᵉ édition de la Semaine de l’Environnement s’est ouverte à El Jadida. Organisée par l’Association des Doukkala, en partenariat avec l’Alliance des Associations de la Société Civile d’Azemmour et région, cet événement annuel s’est tenu du 9 au 13 juin 2026.
La cérémonie d’ouverture, qui s’est déroulée au Complexe culturel Abdelouahed El Kadiri, a été présidée par le Secrétaire général de la Province d’El Jadida, M. Hafid Essadik, en présence de M. Abdelkrim Bencherki, Président de l’Association des Doukkala ainsi que de nombreuses autres personnalités et invités.
L’un des moments forts de cette journée a été la conférence inaugurale animée par Driss Benhima, intitulée : « Urbanisation, littoralisation et mondialisation : enjeux pour les ports de l’Atlantique marocain ».
Dans sa présentation, M. Benhima a mis en exergue la grande fragilité du littoral marocain, qui fait face à une densité démographique de plus en plus forte. « Le Maroc est incontestablement un pays littoralisé au vu de la longueur de ses côtes maritimes », a-t-il rappelé. Ce phénomène a été accentué ces dernières années par des sécheresses successives. Celles-ci ont provoqué un exode rural accéléré, faisant grimper le taux d’urbanisation des cités côtières.
L’intervenant a dressé un constat réaliste sur la gestion des métropoles, prenant l’exemple de Casablanca. Si la capitale économique grandit chaque année d’une population importante, M. Benhima a déploré l’absence d’un service dédié à l’étude fine de la mobilité de ces populations. Selon lui, aucune instance ne se penche de manière globale sur la mobilité urbaine face à cette croissance rapide.
Abordant l’évolution des ports au Maroc, leur fréquentation et leurs interactions avec les villes, M. Driss Benhima a mis en lumière des réalités contrastées. Tandis qu’un port comme celui d’Essaouira est totalement ouvert sur sa cité, d’autres infrastructures portuaires restent fermées ou presque. Le conférencier appelle ainsi à bâtir une véritable culture citadine portuaire, rappelant que le développement ne doit pas être uniquement économique, mais également culturel.
À ce propos, il a soulevé un manque de représentativité, tant au niveau citoyen que politique : la population locale reste la grande absente des débats et du traitement des problématiques liées à l’espace portuaire, tandis que l’élu local ne ressent souvent aucune appartenance à l’identité portuaire de sa propre ville.
Le conférencier a également passé en revue les spécificités maritimes du Royaume, notant que si l’intérêt pour les ressources halieutiques est historique au Maroc, le pays accuse encore un déficit en ports de plaisance. Il a également rappelé que le développement de deux villes portuaires industrielles, Safi et Casablanca, s’est historiquement structuré grâce à l’industrie des phosphates.
En conclusion, M. Benhima s’est montré résolument optimiste : le Maroc dispose aujourd’hui de capacités stratégiques majeures pour dessiner son propre destin. Dans cette vision d’avenir, le littoral s’impose comme le levier principal pour garantir, enfin, une véritable équité territoriale.
Jmahrim()yahoo.fr

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