Une horloge qui s’arrête et toute une ville qui cesse d’espérer

À l’entrée de la Commune urbaine d’El-Jadida, le décor parle de lui-même. Une horloge figée depuis une éternité et une fontaine défigurée, silencieuse, privée de son eau comme de sa raison d’être, accueillent le visiteur.
Deux symboles immobiles qui semblent raconter, mieux que n’importe quel discours, l’état d’une institution censée être le cœur battant de la cité.
Ces vestiges d’abandon ne sont pas de simples détails du paysage urbain. Ils sont le reflet d’un mal plus profond : celui du désordre, de l’incompétence, de l’irresponsabilité, de la cupidité et de l’indifférence qui paraissent avoir élu domicile entre ces murs.
Comment espérer qu’un président de la commune, quel qu’il soit, puisse transformer El-Jadida, lorsque le siège même de la commune renvoie une image aussi désolante de lui-même ?
Comment croire aux promesses de renouveau quand l’édifice qui abrite nos élus semble, jusque dans ses moindres détails, annoncer la médiocrité qui règne à l’intérieur ?
Une horloge arrêtée ne compte plus les heures ; elle suspend le temps. Une fontaine asséchée ne rafraîchit plus les regards ; elle assèche les espérances. À elles seules, elles composent un poème triste, celui d’une ville qui attend encore qu’on la regarde avec respect.
Alors, espérer qu’El-Jadida retrouve son éclat ? Le cœur en a toujours envie. Mais lorsque l’entrée même de la maison communale affiche avec autant d’évidence les signes de l’abandon, le rêve se heurte à une réalité implacable. Et, hélas, il devient difficile de croire que l’avenir de la ville puisse être différent de l’image que renvoie aujourd’hui son propre hôtel de ville.
Abdellah Hanbali

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