Jean-Pierre Saint-Marc, né en 1948 à Mazagan-El Jadida vient d’effectuer une
visite sur les traces de sa famille en Doukkala qui s’y est installée depuis 113 ans. Il est de la troisième génération de cette famille française qui a vécu en Doukkala depuis l’avènement du Protectorat en 1912.
La famille Saint-Marc est originaire de Villeneuve-de-Marsan dans les Landes.
C’était des propriétaires terriens depuis plusieurs générations. Au début du XX e siècle, ils étaient deux frères dans la famille : l’un partit aux Indes et le second, Salvini Saint-Marc, s’installa au Maroc. Quand ce dernier se fut installé dans le Royaume, sa
famille vendit son domaine agricole en France.
Salvini faisait partie de la mission Dugast arrivée au Maroc en 1912 conduite par
madame Camille Dugast (voir les détails sur cette mission dans mon livre « El
Jadida, fragments de vie »). À la fin de cette mission, Salvini s’établit à Zemamra et
exploita une première ferme agricole, une deuxième à Oualidia où il faisait du
maraîchage, et un azibe (domaine agricole) situé à une quinzaine de kilomètres de
Oualidia, où il faisait de l’élevage de vaches. À Oualidia, le grand-père avait deux
terrains de chaque côté de la route en direction de Safi, le premier de 7 hectares entre la route qui descend à la plage et la route de Safi, et le deuxième de 4 hectares du côté de la mosquée.
Au décès de Salvini Saint-Marc en 1955, son fils Henri (né en 1921 à Zemamra)
continua de travailler sur la ferme familiale jusqu’à la reprise des terres par le
gouvernement marocain en 1963. Ayant participé à la Deuxième Guerre mondiale, il
fut démobilisé en 1945 avec la Croix de guerre. Il s’installa avec son épouse à
Oualidia où ils créèrent une exploitation maraîchère pour l’exportation des tomates
vers la France.
Après la reprise des terres par le Maroc, Henri regagna la France où il acheta une
propriété dans le Gers. Il était accompagné de deux ouvriers marocains de Zemamra,
qui restèrent en France. Mais comme son amour pour le Maroc était grand, Henri
retourna vivre à Casablanca où il résida au quartier Rivièra et travailla à la société
Cullinan avec un autre ami de Oualidia, Jojo Allouche. Il mourut au Maroc en février
2010.
Jean-Pierre Saint-Marc, qui revient tous les ans au Maroc, témoigne : « La famille
Saint-Marc garde au fond du cœur un fort attachement pour le Maroc qui est lié aux
meilleurs souvenirs de notre vie. Nos relations avec la population locale étaient très franches et amicales. Nous y sommes retournés plusieurs fois et nous avons
retrouvé sur la ferme des familles de nos anciens ouvriers avec lesquelles nous avons partagé des souvenirs émus de cette période historique. »
Légende photo : Saint-Marc entre M. Jmahri et Mokhtar Timour
jmahrim@yahoo.fr
Chronique de Mustapha Jmahri : Saint-Marc fête 113 ans de sa famille en Doukkala
