Chronique de Mustapha Jmahri : La Mazaganaise Nadia Maimaran décède à Mohammedia


C’est avec une profonde tristesse que la communauté des Mazaganais a appris le décès de Nadia Benarroch, née Maimaran, survenu mercredi 1er juillet 2026 à Mohammedia. Épouse de Jack Benarroch, propriétaire de l’Imprimerie de Mazagan à El Jadida, elle rejoint son époux, laissant derrière elle ses enfants Fred, Bella et Georges dans la douleur, mais riches d’un ancien héritage familial.
Nadia Maimaran, affectueusement surnommée « Nanou » par ses proches, incarnait à elle seule le brassage culturel d’El Jadida. Fille de Léon Maimaran, figure très connue de la ville, et de Bella Adjiman, elle traverse une terrible épreuve à l’âge de 10 ans en perdant sa mère. Elle est alors élevée par ses grands-parents maternels, Joseph Adjiman et Elvire Hamou. Cette grande famille d’origine turque s’était installée à Mazagan dès la fin du XVIIIème siècle, marquant la ville de son empreinte : une rue située près du Château Buisson porte d’ailleurs toujours le nom de son grand-oncle, Isaac Hamou. Son grand-père, Joseph Adjiman, était un propriétaire connu de l’avenue Mohammed Rafy, où la famille vivait simplement, côtoyant au quotidien les commerçants locaux comme les Farraché ou la librairie De Biazzo.
L’aventure de l’imprimerie
C’est au cours de l’une de ses nombreuses visites d’enfance à Mazagan que Jack Benarroch, jeune Casablancais, croise le chemin de Nadia Maimaran. En 1947, en pleine crise économique d’après-guerre, Jack s’installe définitivement à El Jadida pour y épouser Nadia. Animé par un fort esprit d’entreprise, le jeune époux décide de combler un manque crucial dans la ville : l’absence d’imprimerie. Il monte son imprimerie au n° 10 du boulevard Charles Roux (rue de Suez), avant qu’elle ne soit transférée au cœur du centre-ville, au rez-de-chaussée de l’immeuble Cohen (place Hansali).
Au début des années 1960, de nombreuses familles juives choisissent l’exode. Mais Jack et Nadia, viscéralement attachés au pays, refusent de quitter le Maroc. En 1963, ils s’installent à Casablanca pour fonder l’Imprimerie al-Mansour. Preuve de la fidélité qu’inspirait le couple, deux ouvriers jdidis feront le choix de les suivre et travailleront avec Jack jusqu’à son décès, le 27 mai 2003.
Avec la disparition de Nadia ce 1er juillet, c’est une page d’histoire qui se tourne, mais les mémoires restent ancrées à El Jadida, là où reposent sa mère Bella (décédée en 1937), son grand-père Joseph Adjiman (1947), son père Léon Maimaran et sa grand-mère Elvire Adjiman (1955).
Légende photo : Jack Benarroch et Nadia Maimaran lors de leur mariage

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