En s’offrant les services de l’avant-centre Hannouri, le Wydad a fait bien plus qu’un simple recrutement : il a signé l’un des plus grands attaquants marocains du moment.
Sous les couleurs du club casablancais, Hannouri brille déjà de tout son éclat. Dès ses premières apparitions, il a séduit les observateurs par son activité incessante, ses déplacements intelligents, sa capacité à ouvrir les espaces et à exercer un pressing constant sur les défenseurs adverses. Un attaquant moderne, complet, capable d’influencer le jeu sans forcément toucher beaucoup de ballons.
Son point fort ? Le jeu de tête. Hannouri, souvent décisif, débloque les matchs du Wydad et met son équipe sur orbite, comme récemment face à Ashanti. Mais il ne se limite pas à ça : habile des deux pieds, il manie le ballon avec aisance et possède une frappe de balle puissante, prometteuse, qui ne demande qu’à s’affirmer davantage au fil des rencontres.
Mais au-delà du joueur, une question dérange et interpelle : comment le Difaâ, son club formateur, a-t-il pu laisser filer un tel talent ? Le scénario, hélas, n’est pas nouveau. À El Jadida, les perles formées localement finissent trop souvent par briller ailleurs. Pendant que d’autres clubs récoltent les fruits de leur progression, le Difaâ, lui, s’enlise dans un cycle d’abandons et de renoncements.
Sous la direction de Moktarid, le club semble s’être résigné à ce rôle peu enviable de « passeur de talents », ou pire encore, de « donneur d’organes vitaux ». Pendant ce temps, on empile des recrues de passage, sans âme ni attache au maillot doukkali, pendant que les vrais enfants du club s’en vont éclore sous d’autres cieux.
Ironie du sort : c’est souvent loin d’El Jadida que les enfants du Difaâ deviennent des hommes.
Abdellah Hanbali
