Agression d’un neurochirurgien à El Jadida : le symptôme d’un hôpital public à bout de souffle

Un incident d’une rare gravité vient de se produire à El Jadida : un neurochirurgien du centre hospitalier régional Mohammed V a été violemment agressé à l’entrée du service des urgences, alors qu’il se précipitait pour sauver un patient dans un état critique. Pris à partie par des individus anonymes, il a été frappé et dépouillé de sa bague professionnelle ( cachet), symbole de sa fonction.

Ce drame, au-delà du choc qu’il suscite, met crûment en lumière l’état alarmant de nos hôpitaux publics. Car l’insécurité n’est plus un simple fait divers : elle est devenue le quotidien de médecins épuisés, de patients désemparés et de familles livrées à elles-mêmes. Dans certains services, la tension est telle qu’une simple remarque peut dégénérer.

Les urgences du centre hospitalier regional (CHR) Mohammed V, comme tant d’autres à travers le pays, croulent sous le poids d’un afflux incessant de malades, bien trop nombreux pour le nombre dérisoire de médecins spécialistes encore en poste. Faute de renforts, certains praticiens enchaînent les gardes, les opérations et les consultations, souvent sans repos et sans protection.

À cela s’ajoute un phénomène de plus en plus inquiétant : la présence, dans les couloirs des hôpitaux, de marginaux et de toxicomanes cherchant à tout prix à se procurer des psychotropes. Un danger constant pour le personnel médical, déjà sous pression.

Les syndicats du secteur tirent la sonnette d’alarme : comment soigner dans la peur ? Comment exercer un métier aussi noble quand le médecin, censé sauver des vies, doit désormais craindre pour la sienne ?

Ce qui s’est passé à El Jadida n’est pas un accident isolé ; c’est le symptôme d’un système malade, où les soignants travaillent dans des conditions indignes, sans sécurité, sans moyens et, trop souvent… sans reconnaissance.

Abdellah Hanbali

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