Chronique de Mustapha Jmahri : Péroncel-Hugoz, une vie de passion pour le Maroc et El Jadida


Triste nouvelle : Jean-Pierre Péroncel-Hugoz, né le 16 mars 1940 à Marseille, essayiste et grand reporter émérite au journal Le Monde, est décédé en France le 7 octobre 2026. Spécialiste reconnu du monde arabo-musulman, il a profondément aimé le Maroc et les Marocains.
Je l’avais rencontré pour la première fois à El Jadida chez notre regretté ami, le journaliste Michel Amengual, chez qui il venait souvent. Après son installation à Mohammedia, il a participé à l’un des colloques organisés par la section d’El Jadida de l’Union des Écrivains du Maroc (UEM) et a généreusement préfacé mon livre « Mazagan, mémoires partagées » paru en 2017. Le 9 juin 2016, il m’avait également consacré un billet amical sur le site Le360, où il me qualifiait de « L’homme qui sait tout sur El Jadida ».
Le défunt appréciait beaucoup la ville d’El Jadida à laquelle il avait consacré, au début des années 2000, un article mettant en valeur ses richesses touristiques. Il lui trouvait d’ailleurs de nombreuses similitudes avec Mohammedia, sa seconde résidence.
Né au sein d’une famille de juristes et de minotiers, il était l’arrière-petit-fils du peintre de l’École provençale Pierre Marius Poujol (1858-1925). Après des études secondaires au collège Mélizan, puis aux lycées Thiers et Périer, il obtint son diplôme de l’Institut d’études politiques de Paris en 1962, avant de poursuivre à la faculté des lettres d’Alger en 1965. Il compléta sa formation à l’Institut de hautes études internationales et à l’Institut international des langues du Caire en 1975.
Établi à mi-temps au Maroc de 2005 à 2021, Jean-Pierre Péroncel-Hugoz y a mené une intense activité éditoriale. Il a notamment dirigé de 1995 à 2010 la collection « Bibliothèque arabo-berbère (BAB) » aux éditions Eddif-La Croisée des Chemins à Casablanca, après avoir dirigé en France les collections « Islamie » et « Nadir ».
En tant que directeur de collections, il a publié quelque soixante volumes en Europe et au Maghreb entre 1987 et 2014. Dans sa collection « Maroc » aux éditions Afrique-Orient à Casablanca, il a réédité en 2012 un texte oublié d’Alexandre Dumas père, « Escale à Tanger (1846) », enrichi de photographies inédites fournies par la Maison de la Photographie de Marrakech. En 2013, il a publié « Une ambassade marocaine à la cour de Louis XIV (1682) ». Il a réédité en 2017, toujours chez Afrique-Orient, « Rois de France », un essai historique d’Honoré de Balzac introuvable depuis 1950.
jmahrim()yahoo.fr

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