El-Jadida, une ville où la culture refuse de mourir.

Il fut un temps où El-Jadida était une référence culturelle. Dans les années 1970, la cité vivait au rythme des conférences, des rencontres littéraires, des expositions et des débats animés par des érudits, des écrivains et des artistes qui avaient fait de la culture un véritable art de vivre. La ville rayonnait par son intelligence autant que par son patrimoine.
Aujourd’hui, ce temps semble bien lointain. La culture est devenue le parent pauvre de l’action publique, souvent considérée comme une activité sans intérêt parce qu’elle ne rapporte ni dividendes électoraux ni bénéfices immédiats. Comme si l’âme d’une ville pouvait se mesurer à l’aune de la rentabilité.
Et pourtant, au milieu de cette indifférence, des femmes et des hommes continuent de résister. Avec passion, ils entretiennent la flamme et refusent de laisser sombrer dans l’oubli ce qui fait l’identité de Mazagan.
C’est dans cet esprit que l’Association de la Cité Portugaise organise, le mardi 14 juillet 2026 à 17 heures, une rencontre littéraire à l’occasion du 22ᵉ anniversaire de l’inscription de la Cité portugaise d’El-Jadida au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Placée sous le thème « Le patrimoine dans l’art et la littérature comme source d’inspiration », cette rencontre réunira des voix qui comptent dans le paysage culturel local : Driss Tahi, Aboulkacem Chebri, Touria Ouakkass, Habib Mazini, Mohamed Ziane et Saïd Tachfini.
Le public pourra également découvrir une exposition d’aquarelles de Paul Martin, tandis que A. Ouadaa accompagnera l’événement d’une parenthèse musicale.
Dans une ville où la culture peine à trouver la place qu’elle mérite, cette rencontre est bien plus qu’un simple rendez-vous littéraire. C’est un acte de fidélité à la mémoire de Mazagan, un hommage à ceux qui ont bâti son rayonnement intellectuel et un message d’espoir adressé à tous ceux qui refusent de voir s’éteindre la lumière de la connaissance.
Car une ville peut perdre ses monuments, les restaurer un jour ou les reconstruire. Mais lorsqu’elle laisse mourir sa vie culturelle, c’est une part de son âme qui disparaît. Heureusement, il reste encore des passionnés pour nous rappeler que la culture n’est jamais une dépense inutile : elle est le plus précieux des patrimoines.
Abdellah Hanbali

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