L’état des routes d’El-Jadida laisse, une fois de plus, beaucoup à désirer. Les dernières pluies, pourtant bienfaitrices pour l’agriculture et salvatrices pour les réserves des barrages, ont surtout eu le mérite de mettre à nu une réalité dérangeante : la triche flagrante de nos élus en matière d’infrastructures routières.
Il aura suffi des premières précipitations pour que des routes prétendument rénovées se transforment en véritable gruyère. Un scénario désormais classique, presque banal, dans ce que l’on continue d’appeler ironiquement « le plus beau pays du monde », où un élu peut tricher, détourner et se servir à volonté, sans jamais être inquiété. Dans ces conditions, la triche institutionnalisée a, hélas, encore de beaux jours devant elle.
Comme à chaque épisode pluvieux, la mascarade se répète. Pris la main dans le sac par la pluie, les élus s’agitent soudain dans tous les sens, colmatant à la hâte quelques nids-de-poule, juste assez pour laisser passer l’orage… et sauver les apparences. Une politique du cache-misère, sans vision, sans durabilité, sans respect pour le citoyen.
Mais dès que l’on s’éloigne des centres urbains, loin des regards et des feux de la rampe, la situation devient tout simplement catastrophique. Là, les nids-de-poule ne sont pas provisoires : ils durent, s’élargissent et perdurent. Comme sur la route reliant Jorf Lasfar à Sidi Abed, où habitants et visiteurs souffrent le martyre sur un axe indigne de ce nom, au mépris total de leur sécurité et de leur dignité.
Face à un tel abandon, la question n’est plus seulement celle de l’incompétence, mais bien celle de la responsabilité pénale. Les responsables de ces routes dégradées devraient être jugés et emprisonnés sans délai. Le détournement de l’argent des contribuables doit cesser. Il ne s’agit plus de simples dysfonctionnements, mais d’une véritable escroquerie à ciel ouvert.
Trop, c’est trop. Les élus sont censés servir, non se servir. Ceux qui ont trahi la confiance des citoyens qui les ont élus doivent rendre des comptes. Car une route qui s’effondre à la première pluie est bien plus qu’un problème d’infrastructure : c’est le symbole éclatant d’un système gangrené par l’impunité.
Abdellah Hanbali
El-Jadida : quand la pluie révèle la triche et l’abandon des routes
