El Jadida, une splendeur en déclin

Elle avait tout pour elle.
Des plages à perte de vue, une terre fertile, un climat doux et un patrimoine chargé d’histoire. El Jadida, Mazagan pour les nostalgiques, rayonnait comme une perle de la côte atlantique. Elle respirait la quiétude, la beauté et portait en elle la promesse d’un avenir radieux.
Reine d’un royaume marin, elle dominait jadis l’horizon, sereine, majestueuse, couronnée de fierté.
Mais aujourd’hui, le rêve s’est effondré. La couronne est tombée, la splendeur fanée. À la place du faste, une ombre lourde s’est installée. L’insouciance, la négligence et l’indifférence ont pris le dessus.
La ville se meurt, lentement. Gangrenée par l’anarchie, elle s’enlise dans la saleté, la violence, la laideur. L’espace public est souillé, les trottoirs deviennent des parkings, les piétons des intrus. Quant aux joyaux patrimoniaux, ils sont défigurés, réduits à de simples décors sans âme.
El Jadida n’a plus de charme.
Dans un dernier souffle, elle tente encore de crier, de dénoncer, de raconter ce qui l’a tuée à petit feu. Elle espère, dans un ultime sursaut, que quelqu’un l’écoute. Que quelqu’un, quelque part, tende la main pour renforcer ce fil fragile qui la rattache encore à l’espoir.
Mais l’indifférence est cruelle.
La cité, autrefois berceau de tant de souvenirs, est livrée à elle-même. La misère gagne du terrain. La criminalité s’installe. Des enfants, parfois à peine adolescents, vendent des cigarettes au détail. La mendicité explose, les lieux de débauche prolifèrent, la prostitution devient banale.
Et pendant ce temps… que font nos élus locaux ? Où se terre Ben Rbiâ? Où sont les autorités ?
Que reste-t-il de notre société civile ? Où sont les ONG, les initiatives citoyennes, les voix qui devraient s’élever ?
El Jadida suffoque. Elle pleure en silence.
Elle n’a plus que ses larmes pour témoins.
Quel sauveur osera encore croire en elle ?

Abdellah Hanbali

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