Sociologie de la santé : médecine et technologie

Par Hassan Ait Hammou

La relation entre la technologie et la médecine intéresse à maints égards les sociologues, au même titre que les médecins, mais à des degrés différents. En effet, dans le même temps où ces derniers s’intéressent au progrès de la pratique médicale grâce à la technologie, et aux avantages de celle-ci pour leur métier, les sociologues, de leur côté, cherchent à comprendre les changements que la technologie provoque aussi bien au niveau de la relation patient-médecin, et partant, la façon même d’exercer le métier de médecin, qu’à celui du comportement des gens vis-à-vis de la maladie. Dans un article de Didier Sicard, intitulé : « Réflexions sur le progrès en Médecine », l’auteur construit sa réflexion autour d’une problématique simple :  Nous passons notre temps à juger le présent à l’aune du passé en reconstruisant intellectuellement la période passée, en s’en remettant au développement industriel et commercial croissant selon un temps orienté, continu, pour faire aimer l’avenir et rendre le présent tolérable. L’auteur souligne, de prime à bord, que la technologie médicale a bouleversé la pratique de la médecine, a changé notre conception de la médecine et de la maladie. Le corps s’en trouve extrêmement maîtrisé, car mieux exploré, beaucoup plus visible grâce à la technique appliquée à la Médecine. Mais, ce même progrès, bien qu’impressionnant, à encore à expliquer la Médecine de la prévention et l’imprévisibilité de certaines maladies comme le cancer. Devant la maladie, nous tenons la Médecine moderne pour responsable de notre bien-être. Nous croyons qu’elle doit régler le problème.

Dans un autre texte de Noah Harari, auteur de Sapiens, une brève histoire de l’humanité, l’anthropologue israélien met l’accent sur la problématique de la probable programmation génétique qui viserait à fabriquer des êtres entièrement inorganiques. Après avoir expliqué scientifiquement que cela reste possible, l’auteur évoque les « casse-tête éthiques » qu’engendrerait la programmation génétique via la manipulation de l’ADN. Car, s’interroge, Harari, « Que se passerait- il le jour où la Médecine se soucierait d’accroitre les facultés humaines ? »

Nous sommes donc en présence de deux documents qui traitent la question de la relation entre la santé et la technologie, ou plus précisément, la relation qui existe entre la Médecine et la technologie, l’un s’inscrivant dans le présent (la technologie appliquée à la Médecine moderne actuelle), l’autre tourné vers le futur (ce que deviendrait la Médecine de demain). Deux grandes remarques se dégagent donc de notre lecture de ces textes. La première consiste à dire que si la technologie médicale a provoqué d’énormes progrès dans le domaine de la médecine moderne, en permettant aux praticiens d’avoir une visibilité beaucoup plus claire, beaucoup plus rapide et beaucoup plus globale du corps humain, ce qui permet aujourd’hui de guérir certaines maladies par, notamment, la chirurgie très avancée par rapport à autrefois (l’Ophtalmologie par exemple), il n’en demeure pas moins que la médecine moderne reste encore impuissante devant certaines pathologies telles le cancer.

El Jadida Scoop

Related posts

Leave a Comment