REGION CASA-SETTAT El Jadida…Quel nouveau destin ?

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Par: Ahmed Chahid

Retour au bercail. El Jadida a de nouveau retrouvé sa place dans la cour des grands aux cotés de la métropole Casablancaise, suite à l’actuelle réforme territoriale à laquelle le pays s’est fortement engagé sous le concept de la régionalisation avancée. Celle-ci étant perçue comme un nouvel instrument de développement économique et social, de par l’importance qu’elle accorde aux acteurs locaux, à la participation des citoyens au processus régional dans la prise des décisions ainsi qu’au rôle des régions dans l’exploitation des potentialités régionales et la valorisation des ressources spécifiques à chaque région.

Dans cette optique, ce n’est pas par la petite porte ni les mains vides que la province d’El Jadida est destinée

à se ranger parmi ses consœurs pour la matérialisation de cette nouvelle structure territoriale.

Loin de représenter un fardeau pour la bonne marche de sa région, El Jadida dispose de toutes les potentialités pour s’affirmer en tant que partenaire crédible et incontournable, eu égard de ses grandes avancées et du cumul de toutes ses réalisations qui ne cessent de prendre des dimensions internationales que ce soit dans le domaine de l’industrie, de l’agriculture, du tourisme ou de la culture dans sa globalité.

Cette province qui s’est distinguée tout au long de ces dernières années pour affirmer sa position dans le tissu économique national en tant que pôle d’attraction en puissance, aspire à jouer aujourd’hui les premiers rôles dans toutes les dynamiques qu’elles soient économiques ou sociales, en mesure d’accompagner ce tournant majeur dans ce judicieux mode de gouvernance territoriale.

Ce ne serait que légitime de rappeler encore une fois que le capital « El Jadida », dans toutes ses composantes et ses variantes tombe à point nommé pour donner un nouveau souffle à la mégapole Casablancaise qui est devenue saturée à satiété et qui se retrouve de nos jours acculée à la logique du décongestionnement et de la ventilation de nombreuses de ses activités que ce soit au niveau portuaire que dans la dynamique industrielle.

 

Et dans ce cadre là, on peut citer (à titre non exhaustif) le gigantisme du port de Jorf Lasfar et sa grande capacité d’absorption qui est en mesure de donner une bouffée d’oxygène à celui de Casablanca, devenu non extensible eu égard de sa situation au cœur même de la ville, ou encore l’énorme assiette foncière à caractère industriel, en l’occurrence le parc industriel de Jorf  Lasfar, établi sur une superficie de 500 ha et dont la première phase sur 250 ha opérationnelle est en phase finale de commercialisation et 100 ha en cours de viabilisation. Ajouter à cela L’autoroute Casa El Jadida et son extension vers Safi qui est amenée à rapprocher la communauté d’affaires, faciliter les échanges et rendre réactifs  les marchés de proximité tout en minimisant le coût de production par rapport au facteur temps. Ce mode de communication a déjà mis El Jadida au centre du business de la capitale économique du pays. D’autre part, la proximité de l’aéroport Mohamed V ajoutée à la voie ferrée dédoublée depuis 2007 et la densité des routes font partie intégrante de ses infrastructures qui renforcent l’attractivité de la province d’El Jadida,

Ces quelques indicateurs à caractère purement économique qui ne sont qu’une entrée en matière dans la présentation du petit dragon d’El Jadida ne peuvent en aucun cas occulter les multiples et diverses autres richesses et acquis dont dispose cette entité territoriale qui désormais, fait partie intégrante de la région avancée Casablanca-Settat.

Il est donc indéniable que la contribution d’El Jadida à l’essor de la région représente une plus value aussi concrète que substantielle. Un apport qui appelle à être négocié à bon escient par les instances concernées afin que cette province  dont le développement a devancé toutes les espérances, ne subisse aucun hypothétique revers de médaille.

Pour ce faire, il serait important de marquer des aujourd’hui, à l’encre rouge, ce point d’inflexion à partir duquel El Jadida aura à basculer territorialement d’un coté à un autre, d’une capitale économique souveraine et maitrisée vers une hypothétique dilution  dans les brumes de l’inconnu, d’une province qui a consolidé ses assises en activant son potentiel et son savoir faire vers un nouveau mode  de réflexion qui risque d’avoir sa propre stratégie et ses propres priorité…

En résumé, El Jadida est aujourd’hui la première plateforme mondiale en matière des phosphates et ses dérivés. Elle dispose du plus performant port minéralier de la cote Africaine, en l’occurrence Jorf Lasfar qui joue un rôle primordial dans la balance commerciale du Maroc. La valeur des exportations industrielles atteint 25 Milliards de dhs soit 22% du national. Ce port est outillé d’équipements modernes lui permettant de renforcer son positionnement. Il va passer de18 Millions de Tonnes à 54 Millions de Tonnes en espace de 3 ans.

Le volet agricole au niveau de la province n’est pas de moindre importance et cela n’est pas une découverte  de dernière heure, puisque le nom de Doukkala a toujours été synonyme des senteurs de la terre mêlées à la sueur des hommes qui la rentabilisent.

A El Jadida, culture et tourisme vont de pair ou se recoupent sur plus d’un point. La haute saison touristique nous renvoie impérativement au Moussem de Moulay Abdallah dont la renommée a dépassé depuis longtemps les frontières du pays, au tout jeune Festival Jawhara et à celui de Malhouniat qui font bon chemin pour clore en apothéose avec la Salon du cheval qui est appelé à acquérir un rayonnement international et une notoriété des plus solides.

On ne peut passer en revue tous ces repères, sans mettre en évidence les lauriers du Patrimoine Universel qui ont doublement couronné la spécificité de cette province que ce soit à travers la Cité Portugaise ou l’art de la fauconnerie dont le Festival qui lui est dédié est aujourd’hui à sa troisième édition.

Reste à souligner que certaines rumeurs parlent déjà de la conversion d’El Jadida en province poubelle réservée aux industries polluantes qui étouffent l’environnement de Casablanca ou encore d’El Jadida qui serait la future ville dortoir.et le terreau des marchands à la sauvette et des ambulants dont les signes précurseurs commencent déjà à faire couler beaucoup d’encre.

Cependant et au-delà de toutes ces craintes, une interrogation s’impose d’elle-même : les acteurs politiques locaux ou représentés dans les instances de la région sont-ils conscients des nouveaux défis qu’ils sont appelés à relever pour défendre les acquis, voire les intérêts de la province ? La société civile a-t-elle le professionnalisme et l’intégrité nécessaires pour une implication effective et concluante lui permettant d’honorer le privilège que lui confère ce nouveau mode de gouvernance territoriale ?  Il faut attendre pour voir

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