Ramadan: Les enseignements de l’abstinence

IFTAR

Par : Mouna Achiri

« Ouf, Ramadan est fini » diront certains parmi nous après tout un mois- chaud et kilométrique- d’abstinence. Mais si nous en sortons épuisés et les nerfs mis à rude épreuve, c’est que nous avons failli à la morale de ce mois qui nous veut du bien. Il doit être une très belle expérience autant de ressourcement que  d’humilité et de générosité.

D’abord nous aurons officié notre foi en honorant l’un des piliers de l’Islam, le quatrième pur être plus précis et qui rapporte autant de bienfaits spirituels que physiques. Et ce pilier religieux n’est pas exclusif aux musulmans. C’était déjà l’apanage des chrétiens, des juifs, des hindous, des taoïstes et ce depuis des siècles : «Ô vous qui croyez!  Selon le Coran, sourate 2, AL Baqara, On vous a prescrit le jeûne comme on l’a prescrit à ceux avant vous (…) » ces autres religions en font un moyen de pénitence et de purification.

Le jeûne préconise le contrôle des émotions les plus difficiles telles la gourmandise, la colère, la cupidité aux dépens de la générosité, de l’amabilité, de la modestie et du partage. De tels sentiments favorisent une grande sociabilité et une harmonie au sein de la communauté religieuse. Et c’est le but du jeûne. D’autant plus que l’élan de générosité et de partage est favorisé par l’abstinence qui fait « goûter » à la privation de la classe indigente qui ne trouve parfois rien à se mettre sous la dent pour longtemps. Ressentir la même privation fait sentir la douleur des autres et attire la compassion envers eux.

Vertus thérapeutiques

Mais les bienfaits du jeûne ne s’arrêtent pas là. Son action bénéfique sur la santé fait de plus en plus d’adeptes à travers le monde car c’est souvent par l’estomac que de nombreux maux  physiques transitent pour s’attaquer au corps humain. C’est un excellent moyen de désintoxication naturelle, une perte de poids, l’élimination des déchets véhiculés par la nourriture, les médicaments, les engrais, pesticides et autres polluants. Preuve en est qu’une indigestion n’est jamais mieux soignée que par la faim. Hippocrate l’a tôt compris : « quand le corps est chargé d’humeurs impures, faites-lui supporter la faim : elle dessèche et purifie ». Quelques jours de jeûne suffisent pour stimuler les sens, contrôler la tension artérielle, le cholestérol, un regain de forme, une résistance aux maladies et une augmentation des défenses immunitaires, pour ne citer que ces exemples.

Le sentiment d’appartenance sociale est un autre aspect du jeûne. Partager le repas principal d’une journée ramadanesque, l’Iftar, inviter des proches à sa table, offrir des repas à ceux qui n’en ont pas, contacter l’entourage pour les souhaits de Ramadan, pour des retrouvailles, des veillées et soirées en famille ou entre amis, partager la prière et les psaumes, la sociabilité est plus présente et l’isolement est un souvenir lointain. Une satisfaction personnelle et collective et une ambiance qui n’a d’égal que les joies de la célébration de la fin du jeûne, Aïd AL Fitr, fêté entre les membres de la communauté, où l’élégance des tenues et des mets fait de cette journée un événement très attendu et tellement ancré dans l’esprit des grands comme des petits musulmans qui jouissent de toutes les faveurs gustatives et pécuniaires (pour les petits) en ce jour béni.

Ce joli tableau reste cependant tributaire de la manière dont les jeûneurs gèrent leur temps et leurs papilles. Se remplir la panse de repas gargantuesques, lourds et gras, dormir et se lever tard peut convertir cette période de grande spiritualité en malaise physique et moral. Le meilleur moyen de tirer profit de ce mois et de sa sacralité est de maintenir un rythme de vie normal, sans bus ni excès.

A bon jeûneur, Aïd Moubarak !

 

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