Quand Mazagan comptait son train Décauville à voie étroite. Le réseau ferroviaire historique.

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La ligne de chemin de fer par Decauville Dar Caïd Tounsi – Mazagan.

Par: Najib Idrissi.

Les visées de la colonisation au Maroc na datent pas de 1912. Plus d’un connaissent l’action de divers groupes d’intérêt et autres, notamment de la Société Française de Géographie.

 Le but était la préparation de la percée de la France au Maroc à travers différents moyens et une meilleure connaissance du pays sur dossier et sur le terrain, notamment par les travaux de Charles de Foucault, militaire de formation dans « Connaissance du Maroc ». Ce n’est un secret pour personne.

 Dans cet esprit, l’introduction de la voie ferrée au  Maroc venait servir des intérêts militaires et économiques. Elle devait constituer, outre les voies stratégiques, des voies pénétrantes des régions et contrées riches en produits agricoles, miniers ou présentant un intérêt pour l’armée d’invasion selon la thèse du Maroc utile.

 Parmi les axes pénétrants du réseau au Maroc, il faut citer celui du sud ayant pour tête Casablanca et une artère principale dirigée vers les Oulad Saïd et utilisant la section déjà construite de Sidi Ali à Dar Caïd Tounsi, puis desservant les Doukkala et Abda que des antennes relieraient à Mazagan et Safi, avec possibilité de liaison avec la ligne de Marrakech.

 Pour ce qui concerne la riche région des Doukkala, la ligne de pénétration le montre par la réalisation du projet Dar Caid Tounsi- Magazan, en passant par Dar el Maatga, Dar Oulad Zouara et Dar Oulad Bou Aiba,  construite à partir de la ligne Casablanca – Marrakech en 1927. Son exploitation a débuté en 1928.

Génie Civil et gestion des moyens à moindre coût obligent, c’était le tracé le plus court possible pour rejoindre l’océan Atlantique au départ de Marrakech. Les travaux suspendus en août 1926 ont repris en mai 1927. Le 1er juin 1928, 97 km étaient achevés.

 L’objectif principal de cette ligne est l’exportation des céréales, légumineuses, animaux vivants et autres richesses par le port de Mazagan, ce qui prive ainsi le pays de ses propres richesses. Le coût total du projet était de 10.500.000 francs y compris la fourniture de la voie avec un matériel pour voie étroite pour une  vitesse des trains atteignant 15 à 20 kilomètres à l’heure.

La Revue du Génie Militaire, année 1928 rapportait que « le protectorat et son aile militaire reconnaissent que, dans l’ensemble, le réseau a rendu depuis sa création, aussi bien dans le domaine économique que dans le domaine militaire, des services qui ont largement payé les dépenses faites pour sa construction et son exploitation ».

Cette revue soulignent que « sans lui,  les opérations militaires eussent été infiniment plus longues et plus coûteuses, en admettant même qu’elles eussent été possibles sans lui, la mise en valeur du pays conquis eût été considérablement retardée ».

 

La ville de Mazagan comptait une gare. La voie ferrée passait au dessus du fossé aquatique ceinturant la forteresse portugaise comblé par les autorités du protectorat en 1915.

 

 

 

 

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