Quand l’esprit revanchard du président prévaut sur les intérêts suprêmes du Difaâ d’El Jadida

moktarid

Moqtarid, le nouveau président du DHJ

Par : Azzedine Hnyen

Après quatre journées du championnat, le Difaâ Hassani Jadidi enchaîne les mauvais résultats au lieu des victoires. Deux défaites, dont une à domicile face aux Orangers de Berkane, et deux matchs nuls dont le dernier face à l’ennemi- frère l’Olympique de Safi à domicile. L’équipe n’a marqué qu’un seul but contre trois encaissés. De ce fait, le porte- fanion des Doukkala  ferme la marche en compagnie du MAT et de l’AS FAR avec un seul point au compteur. Cet amer constat laisse planer le doute chez tous les amoureux des verts et blanc.

Le coach Jamal Sellami se veut rassurant, dans ses déclarations, après chaque déconvenue de son équipe en prédisant une amélioration prochaine dans les jours à venir. Mais on craint que ce ne se soit qu’une utopie qui se révèlera catastrophique. Car ses poulains, hormis leur première mi- temps au stade Mohamed V contre le Wydad de Casablanca, ne convainquent plus comme ils l’étaient durant les dernières saisons. Une situation fort inquiétante. Surtout qu’on a l’impression qu’ils jouent sans un schéma tactique défini. Au lieu de constructions de phases de jeu, les joueurs se contentent de très longues passes cherchant la tête de l’avant- centre sénégalais qui se trouve, paradoxalement, tout le temps isolé. On ne pourrait incriminer seul Jamal Sellami pour l’inefficacité dont font preuve ses joueurs. Ces derniers assument, eux aussi, une grande part de responsabilité dans leurs mauvaises exhibitions. Ils ne mouillent pas assez leurs maillots pour vaincre. Pire encore. En deuxième période, leurs jambes s’alourdissent. Est- ce un problème du à une mauvaise préparation physique ou tout bonnement à cause de la nonchalance des joueurs ?

Pourtant, leur grande valeur technique est incontestable. Ce sont des joueurs que tout grand club national aimerait s’assurer leurs services. On ne devrait, en aucun cas, se cacher derrière le prétexte du « rajeunissement » de l’équipe. Hormis quelques joueurs, ne dépassant pas les doigts d’une main, tous les autres avaient évolué l’année précédente avec l’équipe jdidie. Les nouvelles recrues subsahariennes ne pourraient être traitées de débutants. Ce sont des professionnels censés donner un plus au club. Mais au lieu d’un départ foudroyant, le DHJ a démontré qu’il pratique un foot-ball naïf, décousu et  qu’il est atteint de profonds maux.

C’est dire qu’un travail fou attend Jamal Sellami à qui on a exaucé, pourtant, tous ses caprices pour stopper l’hémorragie. On ne pourrait douter, cependant, de son savoir technique ainsi que de celui du staff qui l’accompagne dans sa tâche. Mais on ne pourrait ne  pas s’empêcher de tirer la sonnette d’alarme. Car la situation est inquiétante et risque de créer de mauvaises surprises à la fin du parcours. Vaut mieux prévoir et d’agir en conséquence pour éviter le pire.

En tant que responsable direct, Jamal Sellami devrait imposer à ses poulains une discipline rigoureuse, clé de toute réussite dans tous les domaines. Surtout dans le sport en général et en foot- ball en particulier. Pourtant, dans un passé récent, l’équipe jdidie était connue par sa discipline et les résultats réalisés dont leur premier trophée national, en est la preuve. Pourquoi les joueurs jdidis ont perdu, cette saison, cette qualité et, de ce fait, ne réalisent plus les performances d’antan et dont ils sont capables ? C’est dire que le sérieux, le sacrifice et la discipline font défaut à ce groupe. Jamal Sellami devra y remédier avant qu’il ne soit trop tard. Il doit rappeler à chacun que s’il a des droits, il a, également, des devoirs qu’il se doit de remplir.

Mais la question qui se pose est la suivante: devrait- on interpeller uniquement le coach jdidi pour redresser une situation chaotique ?

Apparemment non ! Les dirigeants actuels, pour les fins observateurs, sont les grands responsables de cet état malade. Pourquoi ?

Au début, et voulant profiter pleinement du centre de formation, la décision de former des joueurs du dit centre a été prise. C’était également, avait- on avancé, pour éviter au club de grosses dépenses financières. Et au lieu de jouer, comme auparavant, les premiers rôles dans les différentes compétitions nationales, « on se contentera d’une place au milieu du tableau ». Paradoxalement, les dirigeants ont recruté des joueurs à coup de millions Sauf pour deux ou trois joueurs. A quoi rime, donc, ce double comportement ? Un bluff pour ne pas s’attirer les foudres de guerre du public si les résultats n’allaient comme l’espérerait chacun.

A son élection, le nouveau président lui avait été accordée carte blanche pour former l’équipe dirigeante qui l’aiderait dans sa tâche. Bien avant l’assemblée générale des contacts avaient été établis avec des personnes compétentes et capables de doter le club de projets susceptibles de le hausser à un niveau supérieur. Parmi ces personnes, on citera Mohammed Sair, un homme d’affaires connu à l’échelon international.

Profitant de ses connaissances, il est parvenu à s’acquérir les services d’une société internationale de communication et de marketing pour véhiculer le produit DHJ. Cette société, liée à de grands clubs français, est un outil de communication pour tout le football amateur  avec une vraie pertinence sur le football professionnel international. La plateforme propose des newsfeeds ainsi que des applications collaboratives permettant aux utilisateurs de créer et d’étoffer la richesse de contenus du site. Parmi les fonctionnalités le Playcom, pour commenter les matches en direct et tchatter, le partage de photos et vidéos ainsi que le dressement des statistiques des joueurs, des équipes et des matchs. «  J’ai profité des relations qui me lient à cette société pour doter notre club d’une structure modèle qui n’aura rien à envier aux grands clubs européens. Le projet de partenariat a été mis, donc, mis au point. Il ne manquait que la procédure protocolaire pour qu’il voie le jour. Mais le tout a foiré parce que l’actuel président m’a éliminé de la liste du bureau pour une raison qui n’a rien avec le club ». Et de continuer « Son frère, qui est également membre du bureau, a cherché à me soutirer sans aucun droit, après les dernières élections communales une grande somme d’argent, a- t- il avancé, des dettes des frais de la campagne électorale.

Alors que je m’étais acquitté de tous les frais de la logistique  et des dépenses de la campagne. J’avais tout réglé par chèques. J’ai refusé parce cet acte, je l’ai considéré une arnaque. Quand je n’ai pas abdiqué à leur chantage, ils m’ont éliminé de la liste. Ils ont leurs intérêts particuliers au- dessus de ceux du DHJ ». Mohammed Sair, c’set de lui qu’il s’agit, avait entamé, aussi, des discussions avec d’autres firmes pour sponsoriser le DHJ. Seulement, ce problème extra- sportif, lié, avait poussé le président du club, Abdellatif El Moktarid, à l’éliminer « des heureux élus » incapables d’apporter quoi que ce soit de positif et de rentable au DHJ. A la place, il avait choisi des démunis, vivant sur le dos de l’équipe, et des élus communaux comme si les subventions de leurs communes allaient faire sortir le DHJ du besoin financier. Par cette décision désinvolte, allant contre les intérêts du club doukkali, Abdellatif El Moktarid a nui énormément au DHJ. Il lui a fait rater une chance en or. Le club allait être le premier club marocain à profiter de ce groupe de communication et de marketing. La réponse adressée à M. Jamal  El Yamani, membre de l’actuel bureau du DHJ  qui avait accompagné M. Sair sur ce projet de partenariat avec le club jdidi est significative. «   Faisant suite à notre discussion d’aujourd’hui, je te confirme ma volonté de collaborer avec le Difaâ d’El Jadida concernant l’implantation de la solution YouFoot.com. Toutefois dans cette affaire, je me suis engagé de part l’implication personnelle de Mohamed Sair avec qui j’entretiens des liens professionnels et amicaux de longue date. C’est dans cette perspective que je vous ai envoyé une version de démonstration et fait une
offre très intéressante concernant You Foot. Malheureusement je ne saurais donner suite à ce projet si d’aventure M. Sair viendrait à ne plus faire partie prenante du projet du Difaâ. Je suis persuadé que tu comprendras cette situation très délicate pour moi étant donné le rôle que Mohammed Sair a joué depuis mon implication… ».

Comme il fallait s’y attendre, on ne pouvait penser un bon départ du club cette saison. Selon les déclarations de M. Sair, il ressort que la bonne séance du club est le dernier des soucis des actuels locataires jdidis. On s’est assuré des béni- oui- oui et des personnes limitées qui n’ont jamais pratiqué ce sport- roi. Certains dirigeants ont été « honorés » rien que pour s’assurer une subvention des collectivités locales qu’ils dirigent ou en sont des membres influents. C’est dire qu’on a opté pour le petit jeu. On ne s’est point soucié de doter le club de structures modernes susceptibles de le hausser à la classe des grands.

Enfin, on ne saurait être rassuré sur l’avenir et le devenir du Difaâ d’El Jadida avec des dirigeants de cette espèce. Dont certains sont, tout honnêtement, médiocres, égoïstes, ignares et loin de gérer un groupe. La situation ne pourrait perdurer. L’équipe dirigeante doit revoir sa politique gestionnaire.

 

 

 

 

 

Related posts

Leave a Comment