Quand les femmes immigrantes épousent des métiers d’hommes…

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Par : Mouna Achiri  espaceMRE

On aura tout vu: des femmes camelots, chauffeurs, opératrices de chariots lourds, éboueuses, peintres de bâtiments, plombières… Au Canada, il y a de moins en moins de métiers d’hommes. La révolution féministe, couplée à la culture nord-américaine, a aboli les préjugés sociaux qui collaient un genre aux métiers. Certaines immigrantes marocaines ont suivi l’exemple par choix ou par obligation. Deux femmes nous ont parlé à cœur ouvert de leur expérience professionnelle jadis chasse gardée des hommes…

Soumia Idrissi, profession bouchère: La quête de soi

Dernièrement, un autre métier dominé par la gent masculine trouve de la concurrence : la boucherie. Et la concurrente est une marocaine qui a troqué sa longue expérience bancaire contre un tablier et des couteaux pour offrir viandes, charcuterie, repas cuisinés et produits d’épicerie marocaine. Nous l’avions rencontrée dans son commerce il y a trois ans. Aujourd’hui, une visite sur les lieux confirme le succès de la volonté d’aller au bout de son rêve.

L’ancienne lauréate de l’ISCAE (Institut Supérieur de Commerce et d’administration des entreprises) a occupé des postes de responsabilité même au Canada où elle s’établit avec sa petite famille. Quand elle se retrouve confrontée à un licenciement économique, elle décide de réaliser un vieux rêve : devenir bouchère. Une conversion laborieuse mais qui finit par payer : « Qu’importe le métier qu’on exerce ou celui qu’on abandonne pour un autre, déclare-t-elle fièrement, surtout dans un pays où exercer un travail manuel n’est pas dégradant, voire valorisant. L’essentiel est d’y croire et de l’aimer. Si on est épanoui on passe facilement d’un métier à l’autre ».

Sanae E.: Agente de sécurité : Un choix inévitable

En s’établissant au Maroc, Sanae était loin de penser que son diplôme d’ingénieur lui ouvrirait peu de débouchés : « Les Marocains qui se sont établis avant nous se sont bien payés nos têtes (rires). Ils nous ont encouragés à venir en nous exhibant leurs exploits professionnels. La réalité nous a obligés à exercer les métiers qui se sont offerts à nous. Personnellement de toutes les demandes que j’ai déposées auprès des recruteurs une seule a été retenue : agente de sécurité. (J’avais fait une formation courte d’agent de sécurité). Cela fait cinq ans que j’exerce ce métier et je m’y suis habituée. Le seul problème est que je travaille parfois de nuit et cela m’incommode à cause de mes enfants et mon mari travaille de nuit lui aussi plusieurs fois par semaine.

Sanae avoue rêver encore d’exercer son métier d’ingénieur pour lequel elle a fait de longues et éprouvantes études mais les offres ne pleuvent pas : « Je suis agente de sécurité par nécessité, non par choix. Mais je ne regrette absolument pas ce choix car je suis toujours accompagnée d’un agent. En cas de manifestation publique ou de débordements

dans un stade par exemple, il est périlleux de maîtriser le public en cas de crise pour un agent non accompagné, de sexe féminin de surcroît. »

Métiers d’hommes ? Métiers de femmes ? Les préjugés sont une invention de l’«Homme » qui a attribué un genre à certains métiers, empêchant l’épanouissement professionnel et gâchant bien des rêves. Les métiers n’ont pas de sexe. Heureusement que les mentalités se modernisent  au risque de contrarier les idées reçues…

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