Quand la déontologie fait défaut, la ROQYA devient viol

roqya

Par: Khadija Choukaili

Ces derniers jours, l’affaire du « RAQI » de Berkane défraye la chronique, par l’aberration de ce scandale sexuel qui a secoué tout le Maroc.

Un scandale dont l’acteur principal n’est autre qu’un prétendu Fqih présumé exorciser ses victimes des mauvais esprits qui les hantent, en les droguant, les violant et en filmant ses scènes abjectes pour les diffuser, sans vergogne, sur un site porno.

Le charlatan en question prétendait être un Fqih maitrisant le Coran et les procédés de la Roqya et qu’il est en mesure d’exorciser le diable chez certaines personnes hantées par de mauvais esprits.

L’affaire a commencé quand l’une de ses victimes, contrairement à toutes les autres et ne pouvant plus supporter les sévices de cet homme malade qui a profité de sa dépression nerveuse pour la mettre sous son joug, a décidé d’en avertir sa famille.

Ses deux frères se sont rendus chez le charlatan et lui ont asséné une sérieuse bastonnade, qui l’a conduit dans un sale état à l’hôpital.

Cette agression a été la cause par laquelle les policiers ont fini par découvrir les perversions sexuelles du faux guérisseur.

Le suspect a donc été incarcéré et poursuivi pour escroquerie, fraude, viol, rapports sexuels illégitimes et détention de photos et de vidéos indécentes de ces « patientes » déprimées, venues le consulter.

Et lors de l’audience qui s’est déroulée mardi dernier, il a été décidé de reporter son procès au 15 janvier prochain.

Les perquisitions effectuées à son domicile, ont révélé l’existence de plusieurs vidéos compromettantes sur son ordinateur, sur lesquelles il est en compagnie de plusieurs femmes, dont certaines sont mariées.

Le scandale qu’a suscité cette affaire dans une ville connue pour son conservatisme a conduit le procureur du roi d’Oujda, à superviser personnellement ce dossier, sachant que la propagation des vidéos saisies peut causer beaucoup de préjudices aux victimes.

Il a donc confié cette affaire à la brigade de la sûreté d’Oujda qui a saisi tous les CD trouvés dans la maison du suspect

Il est vrai qu’on entend de plus en plus parler de ce phénomène de « roqya char3iya » qui devient,à force, à la mode.

La Roqya est une forme d’exorcisme propre à l’Islam. Elle se pratique par des hommes religieux maitrisant le Coran.

C’est un ensemble de procédés spirituels qui consiste à remédier aux maladies occultes, par la récitation de versets coraniques et par l’utilisation de substances telles que l’eau, l’huile, le miel, les herbes…

Cette pratique se base sur les versets du coran, mais elle n’est malheureusement pas régie par une déontologie particulière, ce qui laisse une porte ouverte aux escrocs de se faire passer pour des Fqihs et entrainer ainsi leurs victimes dans le sillage de ce  monde occulte où chacun peut donner libre court à des pratiques douteuses et peu orthodoxes.

Vu l’ampleur qu’a pris cette affaire et la médiatisation qui s’en est suivie, le gouvernement a fait part de sa décision, via son porte-parole Mustapha El Khalfi, dans sa conférence hebdomadaire à l’issue du conseil du gouvernement,de ne pas fermer les centres de ce rituel, procédure qui aurait été jugée inopportune.

Le gouvernement pense approfondir le débat autour de cette problématique en la soumettant à la réflexion de trois départements ministériels, à savoir le ministère des Habous et des affaires islamiques, le ministère de l’Intérieur et le ministère de la Santé.

Cette décision du gouvernement porte donc l’affaire au cœur d’une grande polémique,  dont personne ne connait l’issue du fait qu’elle est en rapport étroit avec la pensée et les préceptes de l’Islam.

Pour rappel, les parlementaires avaient soulevé et dénoncé cette pratique, accusant ses auteurs d’exploiter la vulnérabilité des victimes pour les arnaquer, en leur faisant miroiter de les sortir des crises démoniaques.

L’adage ne dit-il pas « emballes bien pour vendre mieux » ?

Que peut-on contre ces charlatans d’un genre nouveau ?

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